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 Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)

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MessageSujet: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Ven 23 Jan - 21:03

icare


≡ PRIAM JOVE SAINT-LAURENT ≡
la petite phrase bien représentative du personnage

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Ω nom saint-laurent. Ω prénoms Priam Jove. Ω âge 18 ans. Ω date et lieu de naissance 05/09/96 à Argopolis. Ω origines et nationalité origines franco-grecques et nationalité grecque. Ω profession/occupation serveur & voleur. Ω statut civil célibataire. Ω niveau de vie €€. Ω groupe incommensurables. Ω célébrité lucky blue smith. Ω inventé inventé Ω crédits  fyeahlucky.tumblr (gif).






ANIMATION Ω Que la forme anime la matière, que cette dernière prenne les particularités de ce qu'elle représente, que le support devienne l'art et l'art la réalité, qu'une sculpture d'homme donne vie à son personnage sans changer sa consistance. Tel est le don de notre Icare, inconnu de tous, bien qu'essentiel à son histoire. Icare, le jeune fougueux, mégalomane, assoiffé de liberté qui s'est approché un peu trop du soleil, lui brûlant ses ailes de cire et plumes qui lui avaient permis de s'échapper du labyrinthe avec son père. Pensez-vous vraiment qu'une telle invention de Dédale fonctionnerait ainsi ? La mythologie, comme nous la connaissons, omet le cadeau que les dieux ont fait à ce garçon. Un cadeau des dieux ? Ou bien le cadeau qu'un d'eux a fait à la mère d'Icare ? Dédale n'admet qu'une seule option, tout comme son fils. Ce don leur a permis d'être libres, le garçon n'avait qu'à toucher leurs ailes et elles œuvraient exactement comme celles des oiseaux, malheureusement tout en restant de cire.

AQUAPHOBIE Ω Cette peur est banale. Ce qui la rend particulière chez Priam est le fait qu'il suffoque à la simple vue d'une étendue d'eau, qu'elle soit aussi large que la mer ou aussi infime qu'une baignoire pleine, une fontaine. Il croit sentir le liquide prendre place dans ses poumons, un sentiment d'oppression s'installe alors en lui à l'image de ce que la pression sous-marine a pu exercer sur Icare lors de sa noyade qui a suivi sa chute depuis le soleil.
Je vis constamment dans la peur qu'une chose horrible m'arrive d'aussi loin que je puisse m'en souvenir Ω Cette peur me fragilise, je m'effondre pour un rien Ω J'échoue dans tout ce que j'entreprends c'est peut-être pour ça que je n'aie pas décroché le diplôme de mon lycée Ω Mes échecs m'ont fait perdre tout espoir, petit à petit mon avenir s'est effacé en emportant avec lui toutes mes ambitions et tous mes rêves Ω  Je suis une coquille vide qui se laisse marcher sur les pieds et n'a jamais su s'imposer Ω Malgré ma négativité constante, certaines personnes s'attachent à moi, la plupart du temps elles viennent à ma rencontre à cause de mon sourire triste ou de mon regard vide Ω Je déteste être pris en pitié, je ne crois pas que j'aie réellement à me plaindre, d'autres ont de réelles raisons qu'on s'occupe d'eux. En ce qui me concerne, si ma vie est telle qu'elle est, je le dois à cette entité supérieure qui l'a décidée ainsi. Dois-je l'appeler Dieu ou Destinée ? Ω Mon esprit est donc sans cesse tourmenté par mes insécurités et je ne trouve la paix que lorsque j'écoute le doux bruit de la pluie, lorsque je m'allonge dans l'herbe d'un parc pour regarder les étoiles ou lorsque je dessine. Ω Je suis plutôt doué en dessin, seule chose dans laquelle je dois avoir un minimum de talent et je dois cela à la vieille voisine qui me gardait lorsque ma mère partait travailler les jours où je n'avais pas école. Ω Depuis qu'Icare est apparu, j'ai ce besoin d'obtenir toujours plus, de monter toujours plus haut sachant bien que la chute sera d'autant plus brutale. Ω Je ne crois pas en l'amour, ou du moins l'amour ne croit pas en moi. Je n'ai jamais eu de réelle relation, je ne sais pas ce qu'aimer une personne signifie. Je n'ai pas perdu foi en l'amour, je n'en ai simplement jamais eu. J'ose espérer qu'un beau jour, mon prince viendra et me fera découvrir ce sentiment. Ω  J'ai tendance à me préserver des mots pouvant me nuire en « condamnant » mon esprit. Je fais totalement le vide, je me déconnecte de la réalité, je n'existe plus. Du moins c'est ce que je faisais avant la venue d'Icare. Désormais je suis partagé entre me protéger des attaques verbales extérieures et celles de mon visiteur qui profiterait de cette brèche pour en faire qu'à sa tête. Ω Vous aurez compris que je ne peux m'empêcher de croire que le monde entier en veut à ma personne. Ω Je n'aime pas ça mais je suis obligé de voler pour me nourrir, ma mère m'a très souvent répété que c'est mal, mais lorsqu'on a aucune autre alternative, on oublie les conseils des plus vieux et on fonce tête baissée dans notre connerie.
Icare est là, partout autour de moi. Je le vois, il est dans les miroirs que je croise, les rivières que je longe, même au dos des petites cuillères. Si seulement je ne faisais que le voir, il me parle également ou, pour la plupart du temps, me sermonne. Le seul moment où je peux éventuellement lui échapper est lorsque je suis loin de mon reflet. Je le sens gagner du terrain, il commence à prendre le dessus : alors qu'il ne faisait que me donner des conseils sur la façon dont je devais mener ma vie, il a récemment réussi à prendre contrôle de mon corps entier. Petit à petit je m’affaiblis face à cette âme étrangère qui se nourrit de mes émotions, draine mon énergie et n'espère qu'une chose : que je relâche mon attention pour s'emparer de mon enveloppe charnelle. A vrai dire, j'ai peur de lui, il m'effraie comme jamais personne ne m'avait effrayé. Je ne me sens plus en sécurité dans mon propre corps. Je ne suis plus moi-même et j'en ai conscience. J’aperçois déjà la fin : je perdrai mon identité et il aura gagné. Il est bien trop fort, bien trop fourbe pour que la lutte soit équitable entre nous deux.

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Yo, on me « « « connait » » » sous le nom de lack of light, IRL je pense que mon prénom commence par un R. J'ai 17 ans, j'arrive cette année sur mes 18 ans et je suis alcoolique. Je n'ai pas bu une goutte d'alcool depuis 23 jours et je me suis inscrit sur le forum pour me changer les idées et m'éloigner du breuvage du malin. Btw le forum est magnifique (je suis en train d'écrire ça alors qu'il n'est même pas encore ouvert et que je ne l'ai toujours pas vu mais je suis sûr qu'il est magnifique).
Ce serait un honneur de recevoir la visite de la petite Moïra de temps à autres.





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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Ven 23 Jan - 21:03

≡ NOUS NE SOMMES PAS NOUS-MÊMES ≡
« Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? »

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« Les enfants, fermez les yeux et imaginez-vous un monde où tout ce que vous avez toujours voulu s'y trouve. Vous y êtes ? Bien. Elia, que vois-tu ? Décris-nous tes papillons ! Très bien ! Restez bien concentrés ! Neo, que vois-tu ? Des sangsues géantes mangeuses d'homme... Super, rappelle-moi de prendre rendez-vous avec tes parents ! Ensuite... Tiens Priam ! Parle-nous de ton pays des merveilles ! » Je me rappelle que j'avais sursauté à l'appel de mon nom. Mes yeux s'étaient grands ouverts, mais je n'avais pas perdu l'image de mon utopie. A vrai dire, je la façonnais depuis tellement longtemps déjà que j'aurai pu la décrire durant plusieurs minutes -chose réellement étonnante venant de moi qui n'ouvrait ma bouche que pour demander l'autorisation de courir aux toilettes avant de répéter l'accident qui m'avait bien traumatisé dès le jardin d'enfant- ou bien la gribouiller avec mes crayons mâchouillés. Mes membres tremblaient, mes larmes s'apprêtaient à glisser sur mon visage. Je sentais son regard sur moi, il me faisait froid dans le dos, il me paralysait. C'était une jeune femme aux traits durs, le genre qui a ses petits protégés, la tête de classe, et dénigre ceux qui ne lui font pas honneur. Elle devait, sans l'ombre d'un doute, jubiler de me voir dans des états pareils. Ces derniers temps, elle avait comme un besoin de me faire parler ; pour essayer de me motiver peut-être, ou bien pour m'enfoncer encore plus. Néanmoins, si son but était de réveiller en moi une envie de réussite et de compétitivité, elle utilisait la mauvaise méthode : j'étais totalement pétrifié, du moins intérieurement car mon corps, lui, avait activé son mode vibreur. Combien de temps s'était-il passé avant que je ne réponde ? Admettons qu'elle répétait mon nom en une seconde à chaque fois, à intervalle régulier d'environ quinze secondes, six fois d'après ce que j'avais pu compter, en ajoutant deux « Tu m'entends ? », le total s'élève à, sensiblement, une minute et trente secondes. Cette femme était vraiment patiente, pas comme ma mère qui au bout de seulement dix secondes sans réponse était exaspérée et arrivait d'une manière ou d'une autre à me retirer les vers du nez. Heureusement que mon enseignante n'avait, elle, pas le droit de lever la main sur moi. Peut-être que c'était ce que j'attendais après tout ? Ce qu'attendaient tous les élèves de ma classe qui avaient cessé le jeu de la dame pour me dévisager, plus généralement. « Je vois des arbres qui dansent. » dis-je sans trop de conviction. Alors qu'elle était penchée au-dessus de moi, les poings fermés sur ma table, elle se recula dans un soupir puis enchaîna avec son fameux sourire narquois « Des arbres hein ? Au moins on a pas tout perdu : ta voix fluette est parvenue à mes oreilles, sans doute pas à tes camarades deux rangs plus loin, mais j'avais prévu que tu ne leur ferais pas partager ce que tu appelles imagination et ce que j'appelle niaiserie. Priam, tu n'as absolument aucune créativité, si tu n'y remédies pas, tu ne feras pas long feu dans la cour des grands. Prends exemple sur Elia, ses papillons ont un réel fond de pensée, c'est éphémère et si gracieux... » J'avais préféré bloquer mon esprit afin qu'il n'entende pas ces dégueulis de mots. Mon imaginaire ne ressemblait pas à ce que j'avais pu décrire. Mon imaginaire était le tableau d'une famille parfaite : ma mère me tenant une main et mon père me serrant l'autre. Mon père, cet homme que je n'avais plus vu depuis des années -assez nombreuses pour que je ne me souvienne plus de son visage- et qui, d'après ma mère, était parti très loin en voyage d'affaire et rentrerait bientôt à la maison. Dans mon monde surréaliste, je l'avais remplacé par le monsieur qui présente le journal que ma vieille voisine regarde souvent lorsque je suis avec elle. J'avais conscience que ce n'était pas lui mon père, je n'étais pas aussi perdu, mais je pense que j'avais simplement besoin de mettre une tête à ce personnage aussi fictif que me paraissaient ceux des dessins-animés.

Ω Ω Ω

Notre vie n'était pas rose, mais ma mère tentait tant bien que mal de me la rendre supportable. Je ne savais pas vraiment ce qu'elle faisait lorsqu'elle disait aller travailler. J'ai toujours soupçonné qu'elle voyait des hommes et pas seulement pour discuter. Je la surprenais parfois à discuter au téléphone d'une voix suave ; j'avais appris à rebrousser chemin lorsque j'entrais dans la pièce où elle se trouvait depuis le jour où elle avait raccroché précipitamment pour me flanquer une raclée mémorable. Un soir d'insomnie, l'un des hommes avait frappé à notre porte. Ma mère était furieuse, je le percevais dans sa voix, bien qu'elle chuchotât pour ne pas me réveiller. C'était la première fois que je l'entendais parler sur ce ton à quelqu'un d'autre que moi. A ce que j'avais pu comprendre, il était venu en espérant pouvoir passer la soirée avec elle. Comment avait-il pu se procurer l'adresse de notre appartement ? Jamais ma mère ne lui aurait dit où nous vivions. Je sursautai lorsqu'elle claqua la porte. Elle pouvait bien cacher la colère dans sa voix, mais dans ses gestes elle n'avait jamais su se contrôler. Je me précipitai dans mon lit avant qu'elle n'arrive pour vérifier si je continuais à dormir. Inhabituellement, elle entra dans ma chambre, s’essaya sur le bord de mon lit et passa ses doigts dans mes cheveux emmêlés. Elle souriait, du moins je le croyais. « Tout ce que je fais, c'est pour toi, sache que je t'aimerai quoi qu'il arrive. » Un silence s'installa, mon cœur se rompait dans ma poitrine, mon souffle s'accélérait et je me demandais bien si j'allais réussir à prétendre dormir profondément encore longtemps. « Tu es si beau mon ange, tu ressembles à ton père... Prions pour que tu ne finisses pas comme lui. » Ma respiration, qui jusqu'à maintenant ne cessait d'augmenter son débit, s'arrêta net. Jamais je n'avais entendu ma mère me donner ce genre de surnom, jamais je n'avais reçu autant d'affection venant d'elle que cette nuit-là. Venait-elle souvent me voir durant la nuit ? Était-ce la première fois qu'elle énonçait ces choses dont elle n'avait pas le courage de m'annoncer une fois réveillé ? Ce devait être un rêve, le plus étrange que je n'aie jamais eu et il y en avait eu d'autres vraiment barrés. Elle se pencha sur moi pour m'embrasser le front et après une derrière caresse, se leva pour rejoindre sa chambre. Dès lors qu'elle ferma la porte, mes yeux s'écarquillèrent et ne laissèrent ni Morphée ni le Marchand de sable m'approcher. Cette nuit s'annonçait longue. Mon cerveau bouillonnait de questions auxquelles je n'ai jusqu'à aujourd'hui pas su répondre. Tout ce que j'avais construit autour de ma mère venait de s'écrouler, je ne la reconnaissais absolument plus, l'image que je lui avais associée s'avérait alors être fausse. L'obscurité de la pièce envahit tout mon être, j'étais perdu dans le noir total, aucune once de lumière ne venait me guider afin de deviner la sortie de ce labyrinthe qu'était mon encéphale. J'étais comme dépossédé de ma colonne vertébrale, à la fois soulagé d'un poids considérable et horriblement vide, incapable de me mouvoir. Les heures qui suivirent furent une torture.

Ω Ω Ω

Je ne courrai pas assez vite. Les fleurs que j'étais allé lui chercher me ralentissaient peut-être. Je lâchai le bouquet de roses rouges dans une flaque sur ma droite. Elles étaient pourtant si belles, si fragiles. Elles étaient désormais foutues, bousillées par ma faute. Je les avais noyées alors qu'elles auraient pu faire le bonheur de quelqu'un, puisqu'elles ne pouvaient plus faire le sien. Il était trop tard pour elles, même si j'avais eu le temps de rebrousser chemin pour les ramasser et les offrir au premier passant, elles avaient perdu toute leur beauté et jamais personne n'auraient voulu d'elles. Ma mère aurait voulu d'elles, elle n'aurait jamais laissé ses fleurs préférées dépérir de cette manière. Je n'ai jamais su pourquoi elle les aimait autant, j'avais parfois l'impression qu'elle les aimait plus que moi même étant donné qu'elle leur donnait toute l'attention du monde. « Tu vois, mon fils, les roses sont l'image parfaite de la manière dont tu dois vivre ta vie, les pétales représentent la douceur dont tu dois toujours faire preuve, la couleur rouge relève de la passion de tes amours et les épines sont là pour te rappeler que tu ne dois jamais laisser personne te prendre pour un con, dans le cas contraire, fais-les saigner. » m'avait-elle dit alors qu'elle en immergeait un bouquet dans le vase en cristal de sa grand-mère, seul lien qui lui restait avec sa famille. Ces fleurs avaient le don d'apporter à ses yeux ces étoiles scintillantes dont tout le monde parle mais que je ne remarquais que chez elle. Je regrettais de ne pas l'avoir plus écoutée lorsqu'elle me parlait d'elles. Je regrettais de ne pas lui avoir demander de quoi cet intérêt en était le fruit. Je regrettais tellement de chose. Il fallait que je me dépêche, il fallait que je lui dise que j'étais là, auprès d'elle et prêt à ce qu'elle m'en parle durant des heures. Il fallait que je lui dise que je l'aimais malgré notre passé. Il fallait que je cours plus vite, à en mourir. Je tentais de surpasser mes limites mais le vent me poussait dans le sens opposé à l'endroit que je pourchassais. Le torrent de pluie me fouettait le visage en plus de me cacher totalement la vue. Mes larmes se mêlaient à celles provenant du ciel. J'avançais à l'aveuglette ou du moins je tentais d'avancer. Je manquais de souffle, mes côtes me faisaient mal, mes jambes allaient bientôt m'abandonner. Je ne savais où je me trouvais mais si je m'arrêtais pour m'orienter je n'arriverais pas à reprendre ma course. Mes vêtements s'alourdissaient à mesure qu'ils s'engorgeaient d'eau. Je pensais ne plus être loin. Je reprenais le chemin inverse à celui que j'avais emprunté pour aller chez le fleuriste préféré de ma mère. Je ne comptais plus les gens que j'avais poussé ni même les voitures qui s'étaient arrêtées brusquement pour me laisser passer ni même les fois où j'avais manqué de tomber à cause du sol glissant. Je n'avais qu'une chose en tête, regagner l'hôpital et ce fut à bout de souffle qu'enfin je l'atteignis. Les gouttes qui s'éclataient au sol immaculé des couloirs le marquaient à l'image du sang d'un patient dans d'autres circonstances. Celui de ma mère venait d'arrêter de couler. Ruisselant, j'entrai dans la pièce où elle se trouvait entourée d'un docteur et quelques infirmiers. Alors c'était fini. Moi qui était resté à son chevet depuis plusieurs jours déjà et qui n'était sorti de sa chambre que pour aller chercher ces fleurs que je n'avais même pas amené jusque là. On lui avait diagnostiqué la maladie d'Huntington, expliquant son apathie, son irritabilité, son agressivité. Je l'avais vu s'installer chez ma mère petit à petit jusqu'à  lui enlever son autonomie puis la vie. Je m'étais préparé à cette fin, je pensais m'y être fait plutôt. On se croit invincible, on croit qu'on est plus fort que tout, on croit que le temps nous aide à faire face aux obstacles, jusqu'au jour où on y est confronté et tout s'écroule. Je pensais ne pas être autant atteint par sa mort. J'imagine que le fait de plus la voir, de ne plus l'entendre, de ne plus m'occuper d'elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre, même si son état depuis quelques mois m'abattait, je le préférais à l'idée de me séparer définitivement d'elle. Qu'allais-je faire, livré à moi-même à tout juste 16 ans ? J'avais toujours besoin de ma mère. C'est dans ces moments-là que tu regrettes tout ce que tu as et n'as pas fait et que tu te rends compte que la mort t'observe tapie dans l'ombre, t'étudie et frappe lorsqu'elle le souhaite, parfois même la seconde après. Mes oreilles bourdonnaient, je n'entendais presque plus rien, comme si mes larmes ne cachaient pas simplement ma vue mais également mon ouïe. Je réussis à discerner quelques mots du médecin. Il parlait de faire des tests, de maladie héréditaire. Je compris quelques minutes plus tard qu'il y avait de forts risques que je sois atteint de ce qui venait d'arracher ma mère à moi. Mon acquiescement ne se fut pas attendre, à vrai dire, j'aurai dis oui à tout ce qu'on pouvait me demander, je n'avais plus tellement conscience de ce qu'il se passait tout autour de moi. Voilà qu'on prélevait mon sang alors que ma mère venait de me quitter. Elle avait vécu sans savoir qu'elle possédait ce gène destructeur. Étais-je prêt à, au contraire, vivre avec ? Qui le serait ? Qui serait prêt à vivre avec une telle chose ? Je ne l'étais pas, je ne l'étais absolument pas. Le prélèvement fut rapide.

Ω Ω Ω

Cela faisait deux ans et quelques mois que cette lettre traînait dans mes affaires. Cela faisait deux ans et quelques mois que je ne cessais de la ressentir de sa cachette pour consulter l'enveloppe. Cela faisait deux ans et quelques mois que je ne l'avais toujours pas ouverte. Je la tournais et retournais. Je la posais et la reprenais. Je voulais la déchirer mais je n'y arrivais pas. Je voulais en sortir son contenu mais j'avais trop peur des résultats. A plusieurs reprises, la vieille voisine qui m'avait gardé, enfant, et qui m'avait hébergé après la mort de ma mère et jusqu'à la sienne me conseillait de prendre une décision définitive : m'en débarrasser ou connaître la vérité. Je ne pouvais me résigner ni à l'un ni à l'autre. Maman l'aurait sûrement ouverte à ma place. Lorsque j'avais besoin d'elle, je sortais de mon petit appartement -que je réussissais parfois à payer avec mon salaire misérable de serveur sans avoir à voler les biens d'inconnus dans la rue, chose que j'avais faite maintes et maintes fois sans jamais me faire prendre ; portefeuilles, téléphones portables, montres, rien ne m'était inaccessible- et je me dirigeais vers le parc où elle m'emmenait jouer, petit, pour me coucher dans l'herbe et regarder le ciel. Je la retrouvais dans les étoiles qui scintillaient dans la nue, je la retrouvais dans les nuages qui se chassaient entre eux. Encore une fois, j'étais allé dans cette aire de jeu accompagné de ma lettre. Je commençais toujours mes paroles par « Maman, ma chère maman, toi qui me regarde de là-haut, dis-moi... ». De nouveau, j'espérais qu'elle me dise quoi faire de cette lettre, j'espérais constamment un signe de sa part. Rien. J'attendis bien une demie heure dans le silence. Aidé de ma main, je me relevais pour partir lorsque un mouvement dans le ciel m'interpella. Je n'avais jamais rien vu de tel. Ces couleurs, ces vagues dans la voûte céleste. Je n'aurai su les décrire. Je n'aurai d'ailleurs pas eu le temps. Quelques secondes plus tard : le noir complet. Lorsque mes yeux se rouvrirent, j'étais face au miroir de ma salle de bain. Debout, face à mon reflet. J'avais l'air différent. Je n'aurai su dire ce qui avait changé en moi mais je ne me voyais plus de la même façon. D'ailleurs comment étais-je arrivé là ? L'heure ! Quatre heures du matin. J'avais donc presque une journée entière effacée de ma mémoire. Je me rappelai des symptômes de ma mère. Perte de mémoire. Mes jambes tremblaient, j'étais donc atteint ? Je courus dans les deux pièces à la recherche de cette lettre. Aucune trace d'elle. Nulle part. Mon appartement était sans dessus-dessous. Elle n'était pas ici. Je glissai le long du mur de ma chambre pour finir assis, les mains dans mes cheveux, tête baissée. Qu'allais-je faire désormais ? J'allais toujours vivre dans le doute ou refaire les tests ? La deuxième était beaucoup plus dure que la première. Pendant les semaines qui suivirent je vécus dans l'appréhension d'avoir une nouvelle perte de mémoire, j'étais loin de deviner que ce que j'allais voir dépassait absolument tout. Je m'étais tellement de fois contemplé dans ce miroir sans rien apercevoir jusqu'au jour où mon reflet, ce « moi » que je voyais de l'autre côté, se mit à me sourire. Je ne souriais, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas souris et lui, montrait toutes ses dents. Je fis un pas en arrière, lui, non. Mon corps se pétrifia. « Priam... » souffla l'autre, me glaçant le sang.






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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Sam 24 Jan - 9:58
Bienvenue sur le forum et bonne chance pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Sam 24 Jan - 17:57
Merci
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Ven 30 Jan - 23:41

Hi cutie.

Très jolie fiche, au passage. On te revoit vite, j'espère ... ♥

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And I had the week that came from hell and yes I know that you could tell ... But you’re like the net under the ledge. When I go flying of the edge, you go flying of as well. And if you only die once I wanna die with you ...
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Dim 1 Fév - 15:19
Merci
J'ai été overbooké cette semaine par les cours..
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Lun 2 Fév - 16:39
Coucou
Bonne chance pour ta fiche
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Mer 4 Fév - 20:19
Bonsoir, petit message pour t'informer que tu as dépassé le délai d'une semaine autorisé pour la rédaction de ta fiche de présentation, donc sans demande de délai supplémentaire (allant à une semaine maximum, sauf exceptions) ta fiche et ton compte se verront être supprimés d'ici 24h.
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Mer 4 Fév - 22:54
J'ai enfin fini !
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Jeu 5 Fév - 18:44

≡ tu es validé(e) ≡
c'est maintenant que ça commence

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Bravo toi, tu as réussi à passer la redoutable épreuve de la fiche de présentation. Tu peux donc d'ores et déjà créer ta fiche de liens et aussi celle de tes sujets. Pour toutes tes autres demandes, c'est ici qu'il te faudra cliquer. Pour créer ton scénario tu peux cliquer ou encore regarder du côté de la recherche de liens. Sur ce, bonne aventure Mdmienne

Ω Ω Ω

J'aime beaucoup la façon dont tu écris Mais je m'interroge beaucoup sur la lettre
Ce petit bonhomme a trop vécu pour son âge, le pauvre.






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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    Jeu 5 Fév - 19:28
Merci beaucoup

Je pensais que la Petite Moïra pourrait bouleverser le destin de Priam dans un RP
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MessageSujet: Re: Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)    
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Priam Ω « Suis-je réel ou la simple réflexion de celui que je vois dans le miroir ? » (délai jusqu'au 4/02)

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