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 the jail that sets you free « Obadiah

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MessageSujet: the jail that sets you free « Obadiah   Mar 27 Jan - 9:48
the jail that sets you free
When the fires are consumin' you and your sacred stars won't be guiding you. I've got blood on my name. Not a spell gonna be broken with a potion or a priest when you're cursed you're always hopin' that a prophet would be grieved. Oh, Lazarus, how did your debts get paid ?



Les corps chutent, les vies au trépas, qu’il observe, parfois accorde une seconde chance. C’est surprenant au début, mais c’est surtout gênant : de quelques criminels qui se relèvent. Les morts, il s’en écarte, essaye de les sauver, mais lui, il faut le laisser crever, un ordre, on ne soigne pas les chiens, on les piques et au revoir. Corps crevé, corps perforé de deux balles, bien joué. Il ouvre les yeux, et meurt, même pas le temps de demander un prénom, quelque chose, juste l’escorte de flics qui le renseigne, demande à ce que le corps soit cramé. Un rire dans la gorge : « Sa gueule est déjà bien entamée » C’est l’autre qui parle, le monarque arrogant qui observe la carcasse, se demande quoi en faire. Il sait déjà, a reconnu. Voleur de cadavre. La morgue est gardée de quelques chiens aveugles qu’il amadoue avec aisance. L’autre pourrissant est dans l’une des boîtes, du corps qu’il attrape, et traîne la carcasse jusqu’à la voiture. Il cherche, une course, de quoi rafistoler l’autre dégommé. Escalade au dehors de la ville, de livres rapportés, feuilletés, matériel dérobé. La cathédrale je te dis, c’est par là-bas, tu te trompes de chemin, non, on s’éloigne là. Pourquoi tu ne m’écoutes pas ? « On ne peut pas opérer dans un endroit comme celui-là. Il faut rester à l’hôpital » Et alors ? Il ne va pas crever, c’est mon chien, mon cabot, ma bête, ne t’inquiète pas pour lui, il est résistant et t’as vu sa gueule ? Le pauvre. « Tu devrais être plus respectueux » Le dialogue se perd, quelques insultes de part en part. Le problème du double, de l’autre voleur de corps qui se manifeste, joue, et disparaît.

L’hôpital, c’est risqué, impossible. La voiture s’élance vers la maison aux fantômes, celle des frayeurs. Le lieu est connu. Sous-sol. Galerie des glaces. Galerie des horreurs. Coutures d’un monstre. Il hésite, prétend que la tombe serait le mieux, que sauver des déchets c’est inutile, qu’il y a trop de travail. Les carnations sont différentes, de peaux dérobées, de l’impossible concordance, il hausse les épaules. Nouveau docteur Frankenstein. Réparation du corps, ce n’est pas la spécialisation, lui, c’est le cardiaque, pas le découpage. Acace s’applique, essaye au mieux. Calcinée la chair, les lambeaux viennent à ses doigts. Délicatesse des soins, il découpe, recoud, replace, réarrange. Après, il faut enlever les balles, le métal dans le torse et puis encore des plaies, des zébrures, quelques-unes de plus. Un instant il imagine la vie de l’autre, une étape pour chaque découpe. Seul, ça lui prend des heures.

La patience. Les aiguilles et leur son infernal. Cliquetis. Assis dans l’angle gauche de la pièce, il observe, des heures, de trop. Attendre, ne pas l’éveiller. Tu te décides à le sauver ? L’autre qui hurle, s’agite. Les miroirs renvoient l’image double. La terreur, et l’écorchement narquois. Les yeux se ferment, refusent, mais le chuchotement ne meurt pas. Bandages au visage, chiffons de blanc pour masquer les dérapages, Acace s’avance, des gants qu’il retire et la paume effleure la peau percée, torse malmené, une balle qu’il n’a pas retirée, souvenir ingrat. L’autre suffoque, revient. Les mains sont liées, assurance qu’il ne se blesse pas, n’arrache pas le travail. Anneaux aux poignets, mal ajustés, liberté à voler. « Essayez de rester neutre pour les expressions, je n’ai pas envie que les coutures craquent » Absence d’intonation, régularité parfaite, il fait le tour de la table, voit la vie reprendre ses droits – fascination du don. Le corps crevé fourmille de vie. « Je ne sais pas si vous souffrez et si c’est le cas, j’en suis désolé… j’ai oublié de quoi tuer la douleur » Râture de médecin incompétent qu’il beugle le roi.

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Because you can’t be as in love as we were and not have it invade your bone marrow. Our kind of love can go into remission, but it’s always waiting to return. Like the world’s sweetest cancer ›  

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MessageSujet: Re: the jail that sets you free « Obadiah   Mer 28 Jan - 15:02
I'm not afraid of the dark.
acace & obadiah.


“If I cannot inspire love, I will cause fear!”
― Mary Shelley, Frankenstein

Love me again by John Newman on Grooveshark

La mort est une douce ecstasy. On la goûte à peine des lèvres qu’on est marqué à vie. Accro à la mort comme à une symphonie de Beethoven. J’ai tué, me suis sali les mains, me suis délecté de la peur suintant des murs. Le rouge versé est un sacrifice nécessaire. J’ai contemplé mon œuvre incomprise. Deux minutes de répit avant que deux balles n’avortent ce moment d’éternité. Me suis gavé de ces brèves minutes, un goût de cuivre sur les dents. Des marques burlesques ont brûlé méchamment mes poignets. J’ai décapité les menottes, me tordant les mains jusqu’à briser les remparts à ma liberté de meurtrir mon prochain. Si le chien mord, vous avez ordre de l’abattre. Pas d’argumentaire inutile. C’est ce qu’ils ont fait. Une condamnation sèche, une exécution ordinaire.

J’ai passé l’arme à gauche. Dans ma chute, mon visage a été ravagé par de l’acide. De l’autre côté, dans les confins du monde souterrain, le papier peint est noir, rempli de rien. Le néant, le règne de l’oubli. On ne pense plus à ces moult péchés et regrets qui nous restent en travers de la gorge. C’est une très longue veille qui commence. La vie terrestre paraît pâle. Ici, tout est enivrant. Que ma joie demeure. Cependant, je suis rapidement éjecté de mon nouveau palace. On m’y arrache de force.

Le déni d’abord. Non j’suis mort et j’le reste bordel ! Puis la vérité saute aux yeux. Des miroirs éclaboussent mon image comme des milliers de piqûres. C’est qui lui ? L’homme-cicatrices. Les bandages ne dissimulent pas toute l’horreur. Des coutures faites à l’arrache, des sutures tricolores, un travail laborieux dirait-on. Qui s’est amusé avec mon visage ? On a maladroitement recollé les morceaux. Puzzle humanoïde. Sublime barbarie. La respiration haletante, je cherche des repères. Le bip bip des machines accompagne mes nouveaux battements de cœur. Un homme mal fagoté paraît. Je lui arracherais bien les yeux pour avoir fait joujou avec moi. Mais une conscience étrangère m’en empêche. Ce type est intouchable.

T’es ma terreur nocturne. Ton nom, hanté, je l’ai sur le bout de la langue, t’es mon hémisphère diabolique. Esprit du mal, es-tu là ?


Mes lèvres veulent bouger, j’ai des difficultés à articuler : « Salaud. » Je lui en veux, j’ai foutrement mal. Connard gentleman. Je tire sur mes liens, ces menottes disgracieuses. Ça me rappelle vaguement quelque chose. Chaos intérieur, tout est détraqué. Ma mémoire est un trou noir. Elle se dilue dans quelques larmes égarées, des larmes d’amertume. Crise identitaire. Mes pupilles s’affolent dans leurs orbites, finissent par se fixer sur le lieu. Ça pue le renfermé. Une cave. Les berges du Styx ? Je n’ose pas demander s’il a pensé aux mesures d’hygiène. Je me reporte sur une autre question, sans être vitale, elle me permet de relativiser la situation absurde, dénuée de sens commun. « T’es qui ? Tu t’prends pour dieu ? » Je reconnais à peine ma voix dont les accents sont plus métalliques que d’habitude. Je ne veux clairement pas de cette vie pourrie jusqu’à la moelle. La vie, cette souffrance à perpétuité. Je n’avais rien demandé. Un soupir affligé. Je lâche un constat écrasant, une volonté dernière. « T’aurais dû me laisser crever. » Bien comme il faut. Sans ambages.


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MessageSujet: Re: the jail that sets you free « Obadiah   Mer 4 Fév - 14:11
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La vie. Elle grouille tout autour de lui, du cadavre revenu, du corps qui s’étire, et durant un instant, il oublie sa responsabilité et observe avec le regard du scientifique, la fascination pour la vie, pour les mécanismes qui s’enclenchent de nouveau. La chair perd la rigidité, et s’ouvrent les yeux qu’il a déjà aperçus. L’autre est une furie qui se débat maladroitement, amusant de voir qu’il ne parvient pas à se défaire des liens, pauvre animal enchaîné. La voix est un gargouillis, une surprise qui fait sursauter le chirurgien. Oublie que l’être revenu est doté de parole, et certainement pas de politesse. Tête penchée de côté, Acace esquisse un sourire, une diablerie d’expression à l’entente de l’insulte.  « Acace » qu’il se permet de répondre, même si rien n’est entendu, que l’autre n’est encore réduit qu’à une créature informe.

Encore ces gens qui auraient préféré la putréfaction, encore un indécis, irrespectueux qui n’est pas capable de prononcer un simple ‘’merci’’. « Vous étiez déjà mort. Un animal crevé sur le bord de la route, condamné à servir de repas aux chiens errants. Ça aurait été du gâchis » Menteur. Le corps avait été transporté à l’hôpital, cadavre présenté aux médecins, visage déchiré par quelques substances. Plus rien à faire. Bon pour l’incinérateur, cadavre puis poussière. Il répugne toujours à les sauver, leur octroyer une seconde chance – ça ne fonctionne pas, ils crèvent toujours. Les doigts courent au visage bandé, de cette curiosité de l’autre. C’est le roi qui dirige, prend Acace pour pantin de ses méfaits. La peau nouvelle est masquée, de quelques fissures mal recousues, un travail de boucher manchot. Enlever les bandages, c’est du suicide, une erreur, mais il déroule un endroit et c’est dégueulasse, d’une peau qui est autre, du sang qui court partout, odeur pourrissante, décomposition à venir. Mais le roi est heureux, satisfait de sa trouvaille. Il manque un geste fou, de bras qui se tendent dans l’espoir d’accueillir le nouveau, mais le geste meurt. Trop d’enthousiasme !

Et l’autre dérive vers dieu et ces conneries de nouveau monde. « Dieu… » Il se moque Hadès, c’est une drôle d’appellation. Jouer à dieu. « Tout dépend de quel dieu tu parles. Je ne suis certainement pas l’autre égoïste qui vit sur son nuage » Poing levé vers Zeus, raclure de prétention qu’il maudit encore. « Je te détache, mais sache qu’un pas de travers t’enverras croupir avec les vers, c’est compris ? » Les anneaux de fer sont défaits et immédiatement il s’écarte, conscient qu’un second contact pourrait tout réduire à néant. Les gants sont aux mains, toujours cette nécessité. La peau ne doit pas toucher autrui. Avant que l’autre ait pu se relever, la main se porte à la gorge, empêche le molosse de se lever, d’aller gambader avec son nouveau visage. « Ne me touche pas, à aucun moment tu ne dois envisager un effleurement, même si c’est pour me casser la gueule, jamais, tu entends ? » La menace crache dans l’intonation, le sérieux est là, plus que jamais. C’est encore une expérience, comme la femme morte, l’épouse au tombeau. Trois mois, mais déjà il oublie, comme si l’Autre prenait tout place, effaçant tout souvenir de la vie passée. « Tu as encore une balle qui est logée sous le cœur » Qu’il annonce, placide.


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