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 Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…

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MessageSujet: Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…   Ven 6 Fév - 21:24

Amaël & Elias

I can see you struggling. Boy, don't hurt your brain thinking what you're gonna say…
Tu es plutôt fier de toi. Assis tout seul dans cette salle de classe. Personne d’autre ne viendra, tu le sais déjà, mais lui, éternel naïf, ne s’en rendra compte que trop tard. Encore une œuvre d’Eris. Elle trouve ça amusant, elle aime beaucoup le trouble que tu instaures en ce professeur. Sans elle, tu ne serais pas aussi cruel. Ou peut-être que si, et tu essaies pourtant ardemment de te convaincre du contraire. Après tout, elle n’est pas entièrement responsable, elle est parfaitement consciente de tes désirs intérieurs, de tes ambitions. On dirait presque qu’elle est une part de toi. Elle ne fait qu’éveiller ta créativité, qu’intensifier la subtilité de tes manigances.  Tu t’es réveillé ce matin pour la trouver assise sur ton lit, attendant gentiment que tu daignes ouvrir les yeux. D’habitude, quand elle perd patience, elle te bouscule avec un cri strident, que toi seul entends. Désagréable, malsain, il envahit ton cerveau et manque de faire exploser tes tympans. Elle est ta tortionnaire, elle est ta compagne de tous les jours. Elle ne te laissera probablement jamais tranquille, elle aura toujours cette influence terrible sur toi. Sa voix de velours avait glissé subtilement vers tes oreilles, t’avait fait savoir ce qu’elle attend de toi. Tu n’as même pas tenté de résister. Avec le temps, c’est devenu inutile, et la seule fois où tu ouvres ta gueule, c’est quand ça concerne quelqu’un que tu aimes vraiment. Lui ? Ce n’est que l’ami de ton père, qui a un truc pour toi qu’il ne s’avoue pas. Non pas que tu n’apprécies pas l’attention, ça fait toujours plaisir de plaire, mais jamais tu ne pousserais le bouchon assez loin pour le blesser, même si jouer un peu avec lui serait certes fort amusant. Tu t’es levé, prêt. Tu étais déjà résolu à assister à ce cours de soutien qu’il a proposé à tout le monde. Mais c’à quoi tu n’avais pas du tout pensé, c’est le fait d’y être le seul à faire acte de présence. Et c’est elle qui t’est venue avec cette idée qui ne manque pas d’ingéniosité. Tu t’es préparé, sûr de toi, puis tu t’étais mis en route au volant de la voiture qu’on t’a récemment offert pour te motiver à étudier. Bien sûr, en chemin, tu n’as pas manqué de créer un ou deux conflits, en nourrissant l’agacement déjà présent de certaines personnes pour le transformer en colère dévastatrice. Le premier concerne un homme qui avait l’air particulièrement remontré contre son interlocuteur au téléphone. Sûrement sa femme. Il a fini en accident de voiture, où les deux conducteurs se sont retrouvés à se battre en public à cause de toi. Tu as observé la scène avec un plaisir intense, tu t’es sustenté pour quelques temps de leurs ondes négatives, puis tu avais repris ta route. Néanmoins pas du tout repu, tu en es venu au deuxième où tu as déclenché une guerre entre le petit copain jaloux qui n’aime pas qu’on mate ouvertement sa dulcinée, et celui qui a osé poser ses yeux pleins de luxure sur elles. Tu es paré pour l’instant.

Tu consultes ta montre. Il n’est jamais en retard. Tu le surveilles, il est toujours ponctuel, pas une seule minute de plus que l’heure prévue. Donc normalement, il devrait débarquer dans exactement 3 minutes. Tu as parlé trop vite, il est déjà là, tu entends le pas lent dans le couloir. Tu es persuadé que c’est lui, même si ça pourrait être quelqu’un d’autre. Tu sors ton téléphone et tu fais mine d’être occupé, l’ouïe aux aguets.  Il pénètre dans la salle, tu ne lèves même pas le regard vers lui, tu attends qu’il t’adresse la parole, qu’il te parle. Seul rescapé, tu es installé à la troisième rangée, comme si celles d’avant ne sont pas dignes de toi. Accoudé à la table, ton sac devant toi, tes pupilles ne quittent pas l’écran des yeux, comme obnubilé par ce qui y est affiché. Pour l’instant, il ne se passe rien, tu entends les sons caractéristiques qui te révèlent qu’il dépose ses affaires sur le bureau, qu’il s’installe lui-même dans celui-ci, qu’il claque des pieds sur le sol intrigué par le fait que tu sois le seul présent. Tu n’as même pas besoin d’avoir un visuel pour deviner tout ça. Tu laisses ton sourire transparaître, mystérieux. Te demandera-t-il ce qui se passe, ou attendra-t-il que tu lui expliques ? Tu jauges, tu évalues. Elle apparaît. "Parle-lui." Reine de ton  royaume, elle s’impose, elle ordonne. Et tu te dois d’exaucer ses souhaits. Tu sais déjà ce qui se passe si tu l’ignores. Tu te crispes, tu te tends. Tu ne l’aimes pas, tu aurais aimé te passer de ses manifestations dérangeantes. Elle ne te laisse pas tranquille, ses cheveux tourbillonnent autour d’elle, et ses iris te transpercent violemment, prometteurs d’une éternité de souffrance. La discorde n’est pas une parcelle de son âme, elle la représente entièrement. Eris est la discorde, et la discorde est Eris. C’est aussi simple que cela. Pas de pitié pour vous, misérables humains, elle diffusera le chaos, elle ne trouvera le repos que lorsque tout s’écroulera. Tu n’es qu’un pion sur son échiquier, elle en habite d’autres, tu n’es pas exceptionnel, elle peut aisément se passer de toi. Elle peut prendre le contrôle de ton corps et te forcer au suicide si elle le souhaite. Elle peut aussi tuer tous ceux qui te sont chers, en devenant maîtresse de tes gestes, hôte unique de ton anatomie. Elle n’a pas besoin de toi, si tu désobéis, elle en trouvera d’autres. "Tout va bien, professeur Deksos?" Un air compréhensif prend place sur ton faciès, et tes yeux pétillants de malice le dévorent sur place. Son visage confus est hilarant, et tu ne tiens plus, tu lui ris au nez, te moquant presque ouvertement de lui. Elle a raison, Eris. C’est toujours plus amusant d’être le méchant. Tu n’as pas eu besoin d’elle pour le savoir auparavant, mais s’il y a bien une seule chose qu’elle t’a apprise, c’est d’assumer ce côté de toi. Cruel, implacable. Tout le monde y passera. Même lui.
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MessageSujet: Re: Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…   Dim 8 Fév - 18:42


❝I want you❞
Elias & Amaël
Les examens approchent, mettant nombre de ses élèves au défi. Il les observe souvent, avec un soupir, plongés dans leurs livres ou ses cours pour les plus studieux, les autres préférant s'amuser sur leurs ordinateurs ou leurs téléphones. Ce n'est pas sérieux, mais il ne peut pas vraiment leur en vouloir, après tout la moitié de ses cours sont écris en même temps qu'il regarde une série ou joue à un jeu vidéo. Amaël n'est pas un homme très sérieux, ça depuis toujours, l'ennuie de « ce qu'il faut faire » l'agace et l'angoisse un peu. Il passe sans doute plus de temps à écrire ses cours, à choisir correctement ses films et ses diapositives pour ne pas ennuyer ses élèves, mais au moins la plus grande majorité est intéressée par ses cours bien spécifiques, et lui aussi s'y amuse. Et les notes sont souvent très élevées, rattrapant ainsi des matières plus importantes. On menace d'ailleurs de passer la sienne en option, et il n'y a que ces notes salvatrices pour lui sauver la mise. Bon professeur, peut-être un peu trop gentil, il cherche encore le moyen d'améliorer les études. Il perd du temps, souvent, à répondre aux questions, à préciser des choses à ses élèves au delà de ses heures de cours habituelles. Il s'entend très bien avec certains, d'ailleurs, au point de parfois passer des soirées avec les plus âgés pour jouer, discuter, et boire. Ce n'est pas vraiment professionnel, mais il se fiche un peu de ça, qui ira le critiquer pour une telle chose ? Et comme d'habitude, avant tous les examens, il propose des cours supplémentaires sur son temps libre, gratuitement. Quand Eléa est là, il évite, préférant profiter de sa femme, mais elle est absente en ce moment, il peut mettre son temps à disposition. D'ailleurs, il en a proposé un cet après-midi, dans la salle de classe habituelle, en espérant ne pas s'y pointer pour rien. En prévision, il fourre son ordinateur portable dans son sac en bandouillère, en y ajoutant un livre qu'il a commencé il y a quelques temps. Paré, il traîne encore un peu devant un café avant de partir.

Arrivé devant la salle, il jette un coup rapide à sa montre, comme d'habitude il est en avance. Même en partant en retard, il arrive toujours quelques minutes avant l'heure imposée, c'est un talent qu'il ne comprend pas : il n'a jamais été en retard. Où que ce soit. Toujours un coup de chance qui lui permet d'arriver plus tôt, là c'était un bus qui arrivait directement, vide à l'exception de lui, si bien que le chauffeur n'a fait qu'un trajet direct jusqu'à l'université. Quand il va chercher Eléa à l'aéroport, c'est toujours une circulation fluide, ou un retard de l'avion. Il a souvent de la chance, sans vraiment s'en rendre compte. A part aujourd'hui, quand il rentre dans la salle son visage se tord en voyant le seul élève présent. Elias Filali. Pourquoi, entre tous ses élèves, il a fallut que ce soit le seul présent ? L'air s'alourdit légèrement autour de lui pendant qu'il pose un peu brusquement son sac sur le bureau, qu'il s'installe, claquant négligemment du pied sous le stress que lui impose sa présence. Ce n'est pas qu'il l'aime pas, cet élève un peu chiant parfois. Il l'apprécie même, mais il se sent mal à l'aise en face de lui, et s'il se cache encore la face quant à la raison, il en a foutrement bien conscience quand ça lui revient en pleine face. Ce sentiment est encore plus nauséabond quand Eléa est à Argopolis, et que ses pensées s'égarent sur le jeune homme, il n'a pas le droit de faire ça à sa femme merveilleuse. Il n'a pas le droit de laisser ses yeux traîner sur lui, qu'il en ait conscience ou non.

Les mots lui font lever les yeux et son visage se crispe quand le gamin rit. En plus, il se fout de sa gueule ? Amaël reste convaincu qu'Elias a conscience de cette étrange... attirance ? Sinon il ne jouerait pas autant au con avec lui, il n'essaierait pas autant de le détruire. Les ailes du nez un peu pincées, il inspire pour s'apaiser. « Mr Filali, je vous prierais de ne pas exploser de rire sans raison. Le bruit est terriblement dérangeant. » Il a envie de fuir, de se barrer, de rentrer chez lui et de se barricader dans ce qui le rassure, le protège, là où il n'a pas de risque de se mettre le cœur à abattoir. Il n'a pas envie de jouer, de rentrer dans sa pièce de théâtre, il veut tout simplement que tout s'arrête une bonne fois pour toute. « Avez-vous eux des informations quand à la présence des autres élèves ? » Il ne le regarde pas, s'est replongé sur ses feuilles de cours qui remplissent déjà son bureau, un stylo dans la main pour corriger quelques petites choses qu'il avait déjà annoté, histoire de gagner un peu de temps. Le cours est censé durer deux heures, et si aucun autre élève ne se présente, ce sera deux heures d'enfer. « Les cours sont plus efficaces quand nous pouvons faire des groupes. Mais bon. Vous voulez travailler un sujet en particulier ? »  


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MessageSujet: Re: Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…   Jeu 12 Fév - 21:33

Amaël & Elias

I can see you struggling. Boy, don't hurt your brain thinking what you're gonna say…
Il est tellement hilarant. C’est une distraction qui mérite ton attention, dont tu ne te lasses pas facilement. Son injonction te file des frissons, son air faussement autoritaire t’émoustille grandement. Il est une proie de choix, un dessert bien mérité. Ça se voit tellement qu’il craque pour toi, et tu te demandes s’il assume son attirance ou s’il l’enterre sous des couches de déni absurdes. En tous cas, pour toi, c’est aussi visible que le nez au milieu du visage. Tu décèles toute sa détresse, tu pourrais presque entendre ses voix intérieures contradictoires, en plein dans une joute verbale passionnée. Tu repères même ses coups d’œil vers la porte, comme s’il y avait un incendie et que c’est la seule issue de secours. Mais il ne s’en ira pas. Tu as appris à le connaître. Il se sent toujours obligé de bien faire, il ne peut tout simplement pas abandonner une salle de classe, quand bien même qu’elle serait totalement vide, précautionneux au cas où un retardataire venait à faire irruption. Le concernant, tu es toujours partagé entre l’exaspération et l’admiration, tu ne sais pas quoi penser de son comportement. Tu voudrais le faire basculer du côté obscur de la force, tu voudrais voir ce que ça donnerait, un Amaël qui est pris par une ire noire, aveugle. Amusé, tu rejettes ses questions d’un revers de la main, tu l’observes en train de déployer tous les efforts possibles pour ne pas rencontrer tes yeux, pour s’occuper et faire semblant que rien n’est en train de se passer ici. "Peut-être ne sont-ils tout simplement pas aussi intéressés que moi." Ta voix se fait dévorante de sensualité, tandis que tu te lèves de ta place et que tu t’approches de lui. T’arrêtant au niveau de la table de la première rangée, tu t’assois à moitié sur celle-ci, tes paumes à plat sur elle, tu ne le quittes pas du regard, comme obnubilé par lui. Tu aimes le trouble que tu instaures en lui. Beaucoup trop. Ce matin, tu es allé sur le groupe Facebook de ta promotion pour la première fois et tu as posté que le cours avec Monsieur Deksos d’aujourd’hui est annulé. Tout le monde t’a cru aveuglément, enfin la petite minorité qui voulait vraiment assister en tous cas. Les imbéciles ne sont même pas venus vérifier. C’est tant mieux pour toi. Tu auras ton moment privilégié avec le professeur, tu pourras soutirer de lui ce que tu veux, tu pourras créer encore plus de chaos dans son être. Ton excitation atteint des niveaux incommensurables, tu n’arrives plus à tenir en place, à attendre le bon moment. Tu veux foncer. Tout de suite, ne plus patienter, ouvrir ta gueule de loup et se nourrir de sa tourmente. Eris te fait écho, sauvage, elle veut que tu fasses le pas, elle s’en fout des ennuis où tu pourrais éventuellement te foutre. Tu dois faire ce qu’elle attend de toi. De toute façon, tu n’as même pas besoin d’opposer une résistance quelconque. Tu en as tellement envie, putain.  

"En fait, il faut que je sois honnête avec vous, Professeur." Tu lâches la laisse de tes démons. Ils te dominent, et assujetti, tu les laisses faire. Eris gagne toujours, elle t’a choisi et elle a bien fait car tu ne lui tiendras jamais suffisamment tête. Tes pas te portent à nouveau, et maintenant, il n’y a plus que son bureau pour vous séparer. Tu déposes ton menton sur tes mains, accoudé au bureau, essayant en vain de faire coïncider vos pupilles. La proximité augmente de plus en plus, tu vaincras et il ne sera plus qu’une poupée de chiffon vide de sens lorsque tu en auras fini avec lui. "Je crois que je suis responsable de l’absence du reste des élèves. Je me sens tellement coupable, maintenant que je vous vois aussi déçu." Tes sourcils se froncent dans une grimace triste, que tu affiches pour faire croire que tu es vraiment désolé. Non, tu ne l’es pas. "C’est juste que je vous voulais pour moi tout seul." Le jeu a toujours été là, pourtant, tu viens de passer au niveau supérieur, les choses s’accélèrent, les obstacles deviennent plus difficiles à franchir. Tu soupires lascivement, tu ne le contemples plus, tu ne sais pas quelle est sa réaction ou ce qu’il fait. Ta vue est concentrée sur la surface en bois, baissée, tu fais le timide, le petit pudique qu’il aimerait peut-être que tu sois. Puis finalement, un sourire carnassier s’affiche sur ton visage, comme celui d’un psychopathe qui s’apprête à achever sa victime. "Il y a bien un sujet que j’aimerai énormément travailler en effet." Le sous-entendu est de taille. Tu vas finir par le faire frétiller comme un poisson hors de l’eau. Pauvre idiot, il est tombé sur toi, il ne sait pas que tu es le pire. Tu voudrais croire que c’est un vieux dégueulasse, d’ainsi s’enticher de son élève et de le vouloir autant alors qu’il a une femme, mais ce n’est pas le cas, putain. Il n’a jamais essayé de te draguer ou de te séduire, il te regarde juste silencieusement, il est juste détraqué par ton rapprochement. Il n’a rien demandé, il n’a jamais exprimé de désir. Effrontément pourtant,  tu lui imposes tes divertissements malsains. Jusqu’où iras-tu pour le détruire ? Tu ne le sais pas encore. Autant que tu pourras. "Cette matière me donne du fil à retordre, je n’arrive tout simplement pas à la saisir, j’ai un gros problème et j’ai bien peur que ça se ressente sur mes notes. Je ne veux pas échouer. En fait, je ne peux tout simplement pas me permettre d’échouer." Attention, un geste ou un mot de travers, et tu risques vraiment les emmerdes. Oui, tu veux l’atteindre mais tu ne veux pas tout faire foirer aussi, ça n’en vaudrait pas la peine au final. "Je ferai… tout ce qu’il faut… pour ne pas  foirer, Professeur Deksos." Et finalement, tu le scrutes, tu te passes la langue sur ta lippe dans une caresse lente et perverse.  
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MessageSujet: Re: Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…   Dim 1 Mar - 21:54


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Elias & Amaël
Tu as envie de fuir comme un lâche, mais à la place tu restes assit à ton bureau, professionnel jusqu'au bout, et tu sens l'étau se refermer peu à peu autour de toi. Comme pris au piège par un chasseur bien doué, qui n'en est pas à son premier coup d'essai. Tu t'insurges contre tes pensées, Elias n'est pas un chasseur, c'est un simple coup de malchance qui vous réunit tous les deux dans le bureau. Sans doute qu'aucun de vous deux n'a envie de se retrouver seul avec l'autre, ce n'est pas une coïncidence, ni un coup du sort ou du destin, ni rien, c'est un malencontreux accident. Si seulement Elias pouvait prendre la décision de se barrer, tu pourrais plier tes affaires sans remord et rentrer chez toi pour te concentrer sur autre chose. Le retour prochain d'Elea par exemple, ou alors finir le jeu vidéo que tu as commencé il y a quelques semaines, ce serait une bonne idée. Plutôt que de rester là, à se sentir nauséeux vis à vis de ton élève, et à regarder l'aiguille de ta montrer tourner lentement. Tellement lentement. Trop lentement. Elle est cassée ou bien ?  "Peut-être ne sont-ils tout simplement pas aussi intéressés que moi."  Pas aussi intéressés que lui, hein ? Quelque chose ne tourne pas rond ici, et tu relèves les yeux vers lui, sourcils froncés. Ça ne va pas là, une chose cloche mais tu n'arrives pas à mettre le doigt dessus. Et voilà que le gamin se relève pour s'avancer vers le bureau, s'arrêter et s'asseoir sur une table en t'observant. Et voilà que tu ne peux plus baisser les yeux, comme obligé de le fixer, de ne pas détourner le regard de lui. Tu dois bien t'avouer, Amaël, que tes collègues féminines ont raison, ce type est un des universitaires les mieux foutu de l'école, mais ses traits se confondent à ceux des hommes qui s'amusent des autres, qui les traînent plus bas que terre pour ensuite porter le coup de grâce, et enfin retourner à leur petite vie tranquille, sans esclandre, avant de trouver une nouvelle proie à torturer,à détruire pour leur simple amusement. Une partie de toi a conscience de l'enfer dans lequel il va te descendre, mais tu ne l'écoutes pas encore. « Leurs notes risquent d'en pâtir. » La gorge déjà séchée par le stress, le cœur déjà affolé. L’atmosphère s'alourdit encore un peu, se ride de détresse, pourquoi ne peut-il simplement se barrer ? "En fait, il faut que je sois honnête avec vous, Professeur."

Il bouge, encore, mais son mouvement permet de baisser à nouveau les yeux sur tes notes devenues étrangement illisibles. Du coin de l'oeil tu vois ses coudes se poser sur ton bureau, et tu redoutes le pire. Tu n'as besoin de ses aveux pour comprendre de quoi il parle, mais tu aimerais bien comprendre le pourquoi.  "Je crois que je suis responsable de l’absence du reste des élèves. Je me sens tellement coupable, maintenant que je vous vois aussi déçu." Tu cesses de feindre la recherche d'informations sur tes feuilles, tes yeux restent immobiles, rivés sur un morceau de la table, et ton cerveau décide d'abandonner la partie. Débrouille-toi qu'il te dit. C'est donc pour ça qu'il ne s'en va pas, il a tout orchestré pour t'emmerder, et il a réussi. Il voulait te faire passer pour un abruti sans doute, il existe toujours des élèves qui se pensent plus fort que tous, et surtout que leurs professeurs, et Elias est donc un de ceux-là. D'une main rigide, tu commences à rassembler tes feuilles dans la pochette, et à la glisser dans ton sac. « Vous vous êtes bien amusé, Mr Filali ?  Vous savez pourtant que me faire passer pour un con se répercutera sur les sujets d'examens. » Et tu n'as aucune honte à le menacer de la sorte. Tu as tous les pouvoirs quant à l'examen, et il n'aura aucune preuve que tu es responsable de l'échec de tes élèves. "C’est juste que je vous voulais pour moi tout seul." Tu stoppes tes mouvements et tournes à nouveau tes yeux sur lui, mais pour une fois c'est Elias qui regarde ailleurs. Tu n'aimes pas ça, tu n'aimes pas la tournure que ce cours prend. Tu ne réponds rien, ne répliques rien pour ne pas lui donner un nouveau chemin à exploiter. Tu ne le vois pas, ce sourire qui se dessine sur son visage, sinon tu aurais bloqué tes pensées pour ne pas entendre ce qu'il te disait. "Il y a bien un sujet que j’aimerai énormément travailler en effet." Maintenant c'est ton cœur qui t'envoie te faire foutre, après ton cerveau, et l'angoisse grimpe encore d'un cran. Le sous-entendu est trop gros pour être ignoré, et si c'était toi qui te montais des films ?Est-ce que tu pourrais être un de ces profs affreux qui s'entiche de ses élèves, les amène dans son lit en leur faisant miroiter des tonnes de choses ? Pourrais-tu réellement l'être sans en avoir conscience ? Tu te donnes envie de vomir, si Elias n'a pas d'idée glauque en tête, ce n'est que toi qui l'imagine sans raisons autre qu'une lubricité écœurante à son égard qui commence doucement à couler dans tes veines. Tu le laisses finir, la terreur dans les yeux. Il se relève, se lèche la lèvre et tu ne peux pas t'empêcher de faire basculer tes yeux sur ses lippes, un millième de seconde, avec une furieuse envie d'y apposer les tiennes. Mais tu détournes le regard, te relèves pour t'éloigner de lui en allant lentement au fond de la classe pour ouvrir un placard qui contient des livres rares. Tu veux mettre le plus de distance possible entre vous deux. « Qu'est-ce qui vous pose problème, Elias ? Vous avez des notes tout à fait honorables, sans être l'un des meilleurs, mais je pense que vous n'avez pas besoin d'un cours de soutien pour améliorer ça. » Comme si ses paroles n'avaient jamais existé, tu les ignores volontairement, tu ne veux pas lui demander pourquoi il a fait en sorte que les autres élèves ne soient pas là. Tu sors un gros recueil sur les sculptures antiques des différentes divinités ayant existé dans la mythologie grecque, et faute de trouver un autre objectif, tu reviens vers ton bureau en le contournant largement. Tu ne veux d'aucune proximité. « Je suis sûr que vous avez bien mieux à faire, un après-midi, plutôt que de traîner dans un cours dont vous pouvez vous passer. » Oui, tu essayes bien de le virer avec toute la courtoisie du monde, ton cœur qui commence à battre de nouveau t'alerte du danger présenté par le gamin à tes côtés.  


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Amaël & Elias ∞ And the games I play, I will always win…

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