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 « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis

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MessageSujet: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Mer 25 Fév - 11:43




Nexus & Hæresis



Les étoiles dansaient la farandole dans l'écrin de velours noir qu'était la nuit. Certaines brillaient de mille feux, d'autres se faisaient plus discrètes mais de là où il était, Nexus pouvait sonder l'océan d'étincelle sans en manquer une seule. Les constellations de dessinait doucement, sous son regard embué d'alcool et de fatigue entremêlés. Il n'aurait su dire comment il était arrivé là, au pied de cet arbre à la lisière de la forêt des soupirs, il ne se souvenait que vaguement de la soirée. Beaucoup de lumières clignotantes, de rires bruyants, de verres enchaînés à même le bar, du sel et du citron, des corps collés les uns aux autres ... Puis soudain, le silence de la nuit, la fraîcheur du mois de février arrivant à son terme. Il s'était senti revivre, au sortir de la foule, plongé dans l'air revigorant de l'obscurité. Au simple clair de lune, il avait marché, marché, marché. Jusqu'à tomber au pied de cet arbre pour contempler les étoiles. Elles se moquaient ouvertement de lui, ces petites lucioles suspendues dans les cieux, il préférait de loin discuter avec l'astre nocturne, sage et impassible, accrochée là haut comme un fantasme éternel. « Ma douce Nyx, comment pouvez-vous accepter un tel comportement de la part des filles d'Ouranos ? Vous êtes la nuit, la déesse mère de toutes les plus grandes divinités ayant jamais existé ... Nul ne devrait avoir le droit de rire des mortels sans votre consentement » La voix pâteuse, Nexus échangeait sans complexe avec la lune, ayant même la prétention de faire les réponses à ses interrogations. « Certes, il est des âmes dont le ridicule force l'admiration moqueuse mais j'ai l'arrogance de ne point en faire partie, qu'en pensez vous, charmante Nyx illuminée ? » Adossé au tronc d'un très vieil olivier devenu stérile, l'angelot blond ferma les bras autour de son torse. La fatigue commençait à poindre derrière les effluves d'alcool et les restes de joies superficielles.

Bercé par la clarté de la lune et le murmure d'Eros dans les feuilles des arbres, enveloppé dans la fraîcheur mortelle de Nyx, il ne tarda pas à rejoindre les bras de Morphée.

Le soleil éclatant brûlait ses rétines fragiles et sous son corps suspendu, l'océan tranquille et scintillant s'étendait à perte de vue. Le bruit d'un oiseau battant des ailes résonnait à ses oreilles ultra-sensibles mai aucun volatile n'était visible, dans l'azur parfait du ciel de Grèce. Confusément, Nexus pressentait qu'il n'avait pas quitté le pays mais aucun repère ne permettait de l'affirmer. Aucune montagne familière, rien que l'intensité des cieux se perdant dans les profondeurs de l'océan et ce quel que soit le point cardinal regardé. Il avait chaud, tellement chaud. Il sentait son corps se consumer tout seul, s'étioler en étincelle de chaleur aux quatre vents d'une brise inexistante. Des hurlements de douleur résonnèrent brusquement, à l'intérieur même de son crâne. Des cris à en vriller l'âme, suintant d'une souffrance atroce, inhumaine, mortelle. Nexus sentit des larmes rouler sur ses joues alors qu'il écoutait, impuissant, l'agonie d'un être auquel il se sentait intimement lié.

Soudain, ce fut la chute. Le ciel perdit de sa gloire et les battements d'ailes s'arrêtèrent. A toute vitesse, l'océan se rapprocha en tourbillonnant trop vite, trop fort. Pétrifié d'horreur, Nexus sentit sa fin approcher et au moment où il percuta l'onde bleue de l'océan impitoyable ...


Il se réveilla, hagard et perdu. Essoufflé comme s'il avait couru pour sa vie, couvert de sueur et les yeux exorbités, il se redressa comme sur des ressorts et observa les alentours d'un air fou. Son regard s'arrêta sur un cheval et il fronça les sourcils en se demandant alors s'il n'était pas tombé dans un nouveau rêve, une sorte de mise en abyme éternelle et cruelle. Mais en tournant encore un peu la tête, il aperçu un homme en uniforme penché sur lui. Un bel homme, malgré sa mine trop autoritaire. Vaseux, Nexus lui adressa un sourire hésitant avant de saluer « Bonjour Messire, il est à vous l'animal ? » Il peinait encore à croire à l'existence du cheval mais après tout, pourquoi pas.

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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Jeu 26 Fév - 10:45
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Le garçon se demande ce qu'il y a de pire, la nuit sans sommeil qui le fait traîner de la patte ou l'alcool qui est toujours dans son sang et qui lui fait tourner la tête, suite à sa petite virée de la veille au soir. Peut-être tout simplement le mélange des deux. Mais pourtant, ce matin, il n'a envie de rien. Tout le temps où il a préparé son cheval à la base, il est resté fermé. Il sait que des personnes ont essayé de lui adresser la parole, mais il n'a répondu à aucune de leur interpellation. Si il avait ouvert la bouche, il se serait sûrement mis à insulter tout le monde. Le seul qui a eu ses faveurs ce matin, c'est bien le cheval dont il a la garde depuis quelque temps. C'est une belle bête, sans aucun doute, mais ça n'excuse pas tout. Ça n'explique pas pourquoi maintenant il aime ces animaux là, ni même qu'il ait appris à monter à cheval à la perfection aussi vite.
Une fois seul dans la forêt avec l'animal, une certaine plénitude le gagne malgré lui. Et ça le surprend, il ne pensait pas que quelque chose pouvait le calmer dans ces moments là. Et encore moins quelque chose d'aussi simple que le silence et la nature. Comme d'habitude, il a caché à l'entrée de la forêt ce casque immonde qu'il doit porter. Le port du casque est obligatoire, qu'on lui a dit, et il doit s'y tenir pour donner l'exemple. Rien à faire, il l'a enlevé et l'a remplacé par une vieille casquette dont la couleur a terni depuis longtemps. Il n'est jamais tombé de cheval, et d'ailleurs, rare ont été les fois où l'un des chevaux qu'il a monté a tenté de le faire descendre. Il a toute confiance en ces animaux, plus qu'en les hommes, même si il ne comprend pas pourquoi. Toute cette histoire autour de ces animaux est étrange, mais il l’accueille aussi sereinement que si il la ressentait depuis son plus jeune âge. Il commence à connaître ces bois par cœur, et il y a rarement de pèlerins à cette heure-ci. Il fait encore très frais, et le garçon remonte la fermeture éclair de son blouson, où le symbole des gardes forestiers est cousu. Là, il flatte l'encolure du cheval, et, comme si le cheval sait ce qui va lui être demandé avant même que ce ne soit fait, il prend le galop. Le garçon sent le vent qui lui fouette le visage, c'est agréable, comme si ça chasse l'alcool et la fatigue en lui. Il laisse l'animal aller à son allure, jusqu'au moment où il fait un mouvement de côté, manquant un arbre de peu. Le garçon se redresse, un cavalier moins expérimenté aurait tout simplement été éjecté de sa selle, mais Hæresis ne bougea qu'à peine, et il resserre ses doigts sur ses rennes, et arrête l'animal. Il se penche en avant, tout en posant sa main sur l'encolure du cheval. « Qu'est-ce que tu as vu ? » Le regard du cheval, haletant après le galop et la peur qu'il a eu, est tourné vers un petit espace plus loin. Le garçon scrute les bois et finit par discerner une silhouette au pied d'un arbre. Il pose pied à terre, et remonte légèrement la visière de sa casquette. Il jette un coup d'oeil au cheval, l'air de dire 'ne bouge pas', le cheval a ses oreilles pointées en avant, il est tout concentré sur lui, et Hæresis sait lire dans son regard qu'il ne bougera pas. Il s'approche, et découvre le corps d'un jeune homme, apparemment endormi. « Eh bien... » Il parcourt les derniers mètres qui le séparent du jeune homme avec une moue contrariée sur le visage. Il s'accroupit à côté. « Hé gamin, on se réveille. » Il faut quelques secondes avant que le jeune homme se sorte de ce qui semble un rêve mouvementé. Mais le visage de Hæresis reste fermé alors qu'il attend que le blond ouvre les yeux. Ce qui finit par arriver, mais il a l'air un peu perdu. Hæresis remarque que le garçon est essoufflé et trempé de sueur, mais il n'est pas une nounou, et encore moins quelqu'un qui va se soucier de tout un chacun. Impatient, Hæresis se met à grincer des dents, attendant que le garçon remarque sa présence. Quand enfin leurs regards se croisent, d'un seul coup d’œil, le garçon comprend que ce jeune homme a eu une soirée mouvementée. Son sourire ne lui fait ni chaud ni froid et son visage reste fermé. « Bonjour Messire, il est à vous l'animal ? » Le garçon hausse un sourcil, Messire ? Il jette un regard au cheval qui n'a pas bougé et qui les regarde d'un air distrait. « Yep. Tu fous quoi là, gamin ? » Le garçon n'est pas connu pour sa politesse. Si il s'en sort en tant que garde forestier, c'est seulement pour ses talents de cavalier. Ses supérieurs peuvent lui refiler n'importe quel cheval, du teigneux agressif au petit jeune craintif, il s'en sort toujours. Hæresis se redresse et attrape le garçon par le bras, le soulevant avec lui. « Debout. » Le garçon étudie minutieusement le jeune homme une fois debout, il veut évaluer si il est assez frais pour rentrer seul chez lui. Il pose ses mains sur ses hanches d'un air renfrogné. « T'as fait la fête par ici ? » Il regarde autour de lui, à la recherche de déchets ou de bouteilles d'alcool. « Parce que c'est interdit dans le coin, tout ce qui est feu de camp, tout ça... » C'est le protocole, mais on peut clairement voir à la tête du garçon que poser les questions, ça le barbe déjà. Cependant, quelque chose dans le fait de trouver quelqu'un comme ça, ici, un matin, l'inquiète. Qu'est-ce qu'un garçon comme lui ferait en train de dormir en forêt ? Il ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec son frère, qui devenait de plus en plus solitaire et qui s'exilait en forêt pendant des heures. Alors il scrute le blond en quête de réponse.  
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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Jeu 26 Fév - 12:23




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Le jeune homme portait un uniforme qui sembla familier à Nexus. Il émergeait difficilement des bribes de son sommeil troublé, n'ayant pas réellement dessaoulé malgré la fraîcheur de la nuit. Son regard toujours braqué sur l'animal à quatre pattes posté un peu plus loin, il leva les mains pour se masser les tempes, accusant le début d'une gueule de bois qui s'annonçait phénoménale. Du coin de l'oeil, il pouvait voir le triste sire à la voix peu amicale et au regard tout aussi peu amène qui semblait déterminé à le déloger de son pied d'olivier pourtant si confortable. Après lui avoir sèchement ordonné de se lever, l'intrus du matin posa les mains sur ses hanches, feignant l'autorité, pour le regarder tout son saoul. Nexus lui adressa son sourire le plus innocent, du fin fond de son état vaseux et douloureux, provocateur jusqu'au bout. Il n'était pas mal, de ce qu'il en voyait, celui qui se prenait pour le chef de la forêt. De belles boucles sombres, luisantes de reflets argentés sous la lumière timide et hésitante d'un soleil de février, une peau un peu hâlée car habituée au grand air et au relents salés provenant de la mer, un corps musclé, pas très grand mais félin, nerveux.
Ainsi que des goûts vestimentaires très douteux, constata l'angelot blond en fixant la casquette d'un air désapprobateur. Plus personne ne portait de tel couvre-chef aujourd'hui, en dehors des ouvriers du bâtiments, des chauffeurs routiers et des touristes beaufs qui débarquaient par paquet de douze pour des vacances téléguidées pendant quinze jours. Par acquis de conscience, il descendit jusqu'à la taille de l'inconnu pour vérifier qu'il ne portait pas, en plus de cette horrible casquette, une banane, l'ultime crime vestimentaire tuant toute once de respect qu'il aurait pu éprouver autrement. Par chance, l'homme n'en avait pas. Il n'était donc point perdu, songea l'artiste en relevant les yeux pour observer le visage de l'intrus matinal.

Campé sur ses jambes de cavalier, l'air bougon et les mains toujours posées sur sa taille, ce dernier déclara d'une voix toujours rude « T'as fait la fête par ici ? Parce que c'est interdit dans le coin, tout ce qui est feu de camp, tout ça... » Nexus suivit le regard de son interlocuteur pour fouiller les alentours à la recherche d'un indice pouvant lui rappeler ce qu'il avait fait la veille. En fronçant les sourcils, il remarqua qu'il n'y avait rien d'autre que l'herbe douce et les cailloux arides, à perte de vue jusqu'à la lisière du bois un peu plus loin. Aucune bouteille vide, aucune canette, pas de mégot de cigarette ou d'emballage de tabac, pas plus qu'il n'y avait de préservatif. Autant de preuve qu'il n'avait pas fait la fête ici mais il ne parvenait pas à savoir comment il avait atterrit là, au pied de cet antique olivier. D'un ton un peu pâteux, difficile, il répondit « Je ne crois pas, Messire. Mais je serais bien incapable d'expliqué comment je suis arrivé ici ... » Un peu plus loin, l'animal piaffa et fit rouler quelques cailloux sur le sol humide de rosée matinale. Nexus sursauta avant de grimacer, son corps douloureux protestant vivement contre le mouvement trop brusque. « Je suis certain d'avoir fait la fête, vu les tambours qui fanfaronnent dans mon crâne ... Mais où, telle est la question. » En prenant appuie de ses paumes sur le tronc noueux de l'olivier stérile, Nexus parvint à se redresser assez pour finir debout. Le monde tangua violemment dès lors qu'il fut juché sur ses deux jambes et il eut un haut le coeur brutal. « Définitivement, j'ai déconné hier. » Adieu le langage fleuri, la douleur et le brouillard rendait l'artiste vulgaire malgré quelques années d'habitude. Il buvait toujours autant mais le lendemain, la gueule de bois ne le ratait jamais, lancinante, cruelle et sans pitié. En général, il s'arrangeait pour la faire passer en dormant encore et encore, lové dans son lit avec ses deux chats contre lui mais pour une raison inconnue de lui-même, il avait cette nuit décidé de ne pas rentrer chez lui. Bien mal lui en avait prit.

« C'est par où, la ville ? » demanda-t-il d'un ton qui se voulait poli mais qui résonna plutôt comme un gémissement d'agonie. Il voulait rentrer s'écrouler dans son lit, dormir jusqu'au lendemain et retourner faire la fête une fois son corps suffisamment reposé. Il avait promis à Zakaria de dîner avec lui, de ça il se souvenait. Quant à la date, il n'en avait plus aucune idée et il ne voulait pas froisser son ami en le lui demandant à nouveau. Il avait bien du le noter quelque part, chez lui, en prévision d'un tel oubli. Maladroitement, avec une prudence approximative, il se mit à marcher dans la direction opposée à celle qu'il venait de le demander. Si en temps normal il avait un sens de l'orientation redoutable et infaillible, l'alcool et les drogues faussaient de don de manière perverse.



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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Jeu 26 Fév - 15:20
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Pendant un instant, le comportement du blond lui rappelle le sien. Combien de fois s'est-il réveillé avec une gueule de bois monumentale ? De celle qui te dit que tu n'as pas envie de remettre le couvercle la prochaine fois, et que tu te promets de ne pas boire de nouveau à ce point. Cette époque remonte si loin, alors qu'il buvait encore pour s'amuser ou non pas par oublier. Maintenant, si il boit, c'est parce que c'est ce qu'il mérite, il est de ces personnes dont la vie est fichue, alors pourquoi ne pas s'enfoncer encore plus ? Parfois, ça lui prend d'avoir envie de sortir les jeunes de leurs problèmes, mais il ne fait rien pour sa propre personne, et si quelqu'un venait à essayer de l'aider, il lui casserait la figure sans ménagement.
Le garçon a beau étudier le blond, il n'arrive pas à se faire une idée dessus. Il semble beaucoup plus jeune que lui, et il est plutôt agréable à regarder, si on reprend les mots exacts qui passent dans le cerveau du garçon en cet instant. Cependant, la beauté est loin d'être un sujet qui l'intéresse. Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas été attiré par quelqu'un, il ne saurait même pas dire ce qui l'attire vers quelqu'un. Hæresis remarque que le garçon l'étudie également, mais il ne réagit pas. Les gens l'ont toujours plus ou moins dévisagé, en rapport aux rumeurs, malheureusement fondées, qui coulaient sur sa famille. Mais si le blond continue à le regarder de cette façon, il rencontrera le moyen de défense le plus utilisé par le garçon, c'est à dire l'attaque. Alors il finit par se lever. Hæresis déteste devoir jouer les femmes de ménage dans la forêt, mais ça fait aussi parti de son job. Il espère réellement que le gamin ne provient pas d'une de ces orgies que les jeunes font en forêt. Cela fait plusieurs matins dans la semaine où il a dû ranger derrière eux, et il s'est promis qui si il les arrêtait, ils passeraient un mauvais quart d'heure. Heureusement, ça n'a pas l'air d'être le cas ici, tout est plutôt propre. Ce qui ne fait qu'augmenter la curiosité du garçon. Pourquoi le blond se trouve-t-il ici tout seul ? « Je ne crois pas, Messire. Mais je serais bien incapable d'expliquer comment je suis arrivé ici... » Le garçon plisse les sourcils à la réponse du blond, eh bien, voilà qui va répondre à ses questions. Hæresis sent les mouvements du cheval avant de les entendre, et il se tourne vers lui, l'animal redresse immédiatement la tête et observe son cavalier. Pendant une fraction de seconde, Hæresis se demande si sa connexion avec les chevaux est normale, comme toujours alors qu'il regarde l'un de ces animaux dans les yeux. Mais il reporte rapidement son attention vers le blond. Lorsqu'il se retourne vers lui, il remarque la grimace sur sa gueule d'ange, et le garçon soupire doucement en enlevant sa casquette et en passant sa main dans ses cheveux. Il la replace ensuite sur sa tête, légèrement en arrière, laissant des boucles noires lui tomber devant les yeux et il laisse le blond parler. « Je suis certain d'avoir fait la fête, vu les tambours qui fanfaronnent dans mon crâne... Mais où, telle est la question. » Le garçon reste les mains sur les hanches alors que le jeune homme tangue dangereusement devant lui. « Définitivement, j'ai déconné hier. » Hæresis passe son regard de haut en bas sur le blond et croise les bras. « Sans blague. » Sa voix est froide. Il remarque que le blond a laissé tomber ce langage compliqué, pour revenir à un plus simple. « C'est par où la ville ? » Hæresis ne répond pas tout de suite, il se demande si le gamin est encore bourré ou si il est tellement paumé qu'il ne sait réellement pas où il est. Mais avant qu'il ne puisse lui répondre, le gamin commence à aller dans la direction opposée. Un léger sourire étire les lèvres du garçon, qui, avouons-le, prend un malin plaisir à observer le blond. « Ok, gamin, viens par là. » Il lui fait un signe de la main pour lui montrer de s'approcher. « Je vais te raccompagner. » Il fait volte face et se dirige vers son cheval, il se place au niveau de la selle du cheval, vers le tapis à poches, et en sort de l'une d'entre elles une bouteille d'eau. Il laisse le blond s'approcher, et alors qu'il est à quelques mètres de lui, il lui lance la bouteille. « C'est quoi ton nom ? » Il lui montre du menton un chemin, voulant lui faire comprendre que c'est par là, la ville, et il se met en marche. Il ne tient même pas son cheval qui marche calmement à côté de lui, sans même essayer de se faire la belle. Il sort un téléphone de sa poche et il pianote dessus distraitement, il a plusieurs appels manqués de son boss, et il se demande ce qui lui vaut cet honneur, mais en réalité, il attend simplement le nom du garçon. « Bon, mon job me force à faire ça, alors je vais le faire. » Il prend un profonde inspiration et il jette un regard par dessus son épaule pour s'assurer que le garçon le suit. « C'est pas très responsable d'être tellement bourré que tu te retrouves en pleine forêt pour y finir ta nuit. Alors, la prochaine fois, sois plus intelligent. » Le garçon regarde droit devant lui et parle en étant distant. Il marche plus lentement qu'il ne le ferait d'habitude, mais c'est pour laisser un tant soit peu le blond s'en sortir. Apparemment, il est pas mal amocher, encore. Rare sont les fois où le garçon se montre coopératif ou fait attention à son comportement par rapport à celui des autres. Mais pour une fois, il fait un effort. Et puis, il n'a clairement pas envie de devoir porter le gamin.
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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Jeu 26 Fév - 17:14




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L'inconnu en uniforme n'avait pas tardé à le rappeler, signe qu'il s'en allait dans la mauvaise direction. Un juron bien français passa les lèvres de l'angelot blond au moment où les mots de l'intrus pénétrèrent dans son crâne douloureux, comme s'il avait hurlé à quelques millimètres de son oreille. Un gémissement de douleur étouffé suivit mais il décida de ne pas jouer au con et de suivre docilement le responsable des lieux. Prudemment, il fit volte face pour voir le brun près de son cheval, qui fouillait dans les poches du tapis de selle. La bouteille d'eau qui fit son apparition sembla être un véritable miracle aux yeux de Nexus et il ne fit pas prier pour s'en emparer, la vidant toute entière et se sentant ensuite un peu mieux. Toujours pas très frais mais avec les idées un peu plus claires, assez en tout cas pour finalement comprendre que le chef autoritaire venu le réveiller n'était autre qu'un garde forestier monté, d'où la présence du cheval. L'artiste fantasque et bohème qu'il était fut un peu déçu de cette explication trop rationnelle à son goût. Il aurait préféré une histoire rocambolesque, un jeune homme en fuite après une fantastique aventure durant laquelle il aurait été amené à apprivoiser un cheval sauvage devenu ensuite son seul allié contre le monde entier ...

« C'est quoi ton nom ? » Brutalement ramené au présent par la voix peu sympathique de son sauveur incongru, l'angelot blond rassembla ses quelques idées pour recoller les fragments de réalité qui s'éparpillaient au quatre vents de son esprit atrophié. Le garde voulait connaître son identité, était-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Habitué aux forces de l'ordre pour avoir déjà cuvé dans une cellule, ivresse sur la voie publique, Nexus n'en était plus à ça près sur les lignes de son casier judiciaire. Rien de grave, juste quelques dérangement à l'ordre des choses au cour de quelques nuits mouvementées, les policiers se moquaient gentiment de lui et le relâchait au petit matin, sans rien lui demander. Il n'avait cependant guère envie de se retrouver en cellule une fois le jour levé, ce qui expliquait sa méfiance quant à la réponse à donner à ce représentant de l'autorité. « Bon, mon job me force à faire ça, alors je vais le faire. C'est pas très responsable d'être tellement bourré que tu te retrouves en pleine forêt pour y finir ta nuit. Alors, la prochaine fois, sois plus intelligent. » Nexus se renfrogna, esquissant une moue mi-vexée, mi-boudeuse. Il avait toujours été particulièrement susceptible et depuis ces étranges aurores boréales qui avaient illuminé la ville, ça ne s'était pas amélioré. Agacé, il déploya des trésors de volonté pour ne pas répondre immédiatement, retenant une invective cinglante et peu sympathique. Pas fou cependant, il attendit de voir quel chemin ils prenaient, histoire de pouvoir regagner la ville par ses propres moyens si le garde venait à l'abandonner en pleine nature.

Le cheval avançait tranquillement aux côtés du garde, un détail qui avait jusqu'ici échappé au jeune homme blond. Sans être tenu par la bride, sans contact aucun, il se tenait à droite de son cavalier et progressait à la même allure que l'humain, la tête haute et les oreilles pointées vers l'avant. En confiance, curieux, éveillé. Une telle complicité se révélait plutôt rare, chez les cavaliers et leurs montures. Nexus avait toujours rêvé de savoir monter à cheval, bercé par ses romans d'aventure tels que Robin des bois, Les trois mousquetaires, Capitaine Fracasse et tant d'autres encore. Petit, il s'imaginait chevalier, fantassin, archer, voleur au grand cœur ou encore dragonnier, toute une multitude de rôle qui avait rythmé ses jeux avant d'alimenter ses fantasmes d'adolescent et de jeune adulte. Il laissa planer encore quelques minutes de silence, durant lesquelles il pesa le pour et le contre pour savoir s'il déclinait son identité ou non.

Finalement, après un débat intérieur acharné mais faussé par les relents de champagne et de vin blanc qui refaisaient surface, il se résigna et déclara d'un ton bourru « Je m'appelle Nexus. Nexus Traïanós. » Il se tut à nouveau pendant un moment avant de demander « Comment s'appelle le cheval ? » Il se foutait bien de connaître le nom de son désagréable sauver, vu la leçon de morale qu'il avait eu à subir. Il en aurait oublié jusqu'au moindre mot après son quota de sommeil mais pour l'heure, il était un peu vexé. « Il est ... très calme, très sage. » Il ne savait pas s'il devait tutoyer le garde ou le vouvoyer, perplexe quant à son statut. Était-ce vraiment un policier où se situait-il en dessous, dans la hiérarchie ? Il haussa les épaules en décidant de s'en foutre. Après tout, il l'avait bien appelé "gamin" à plusieurs reprises, le traitant d'ailleurs comme tel. Nexus estima qu'il pouvait donc dire "tu". D'un ton narquois et un peu ironique, il demanda « Tu n'as jamais fait la fête au point de terminer dans un lieu inconnu, potentiellement avec une ou un inconnu à tes côtés ? » Il ne devait pas être bien vieux, le garde, il avait surement du expérimenter ce genre de soirée.



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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Ven 27 Fév - 14:19
Hæresis Saülh a écrit:
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Au final, le blond le suit, et Hæresis se sent soulagé, en quelque sorte. Après tout, si il avait suivi le chemin qu'il avait choisi au départ, le blond n'était pas près de rentrer. Même le garçon parfois se demande comment il fait pour connaître le forêt à ce point là. Bon, c'est vrai qu'il l'arpente de long en large depuis plusieurs longs mois, mais il sait aussi que la plupart du temps, il laisse le cheval le guider pour rentrer à la base. L'animal sait mieux le chemin que lui, alors souvent, lorsqu'il est l'heure de rentrer, il lâche les rennes et laisse l'animal faire. A chaque fois il est impressionné, mais bien heureux, ça l'évite de devoir être constamment concentré. Et aussi de rester dans les grands chemins pour ne pas se perdre. Déjà, la plupart des gardes forestiers restent par pair, et ils ne quittent pas les grands chemins. Ils rentrent le soir en se plaignant qu'il ne s'est rien passé et que le paysage ne change pas. Ça n'étonne pas Hæresis, les problèmes se trouvent dans les recoins, et le paysage là où il n'est pas constamment entretenu par les passants.
Le garçon regarde le blond vider la bouteille d'une traite. Heureusement qu'il n'avait pas soif lui-même... Après son petit acte de moral, le garçon étudie le blond, et il remarque que celui-ci semble retenir quelque chose. Quoi ? De l'agacement ? Sa mine semi-boudeuse semi-vexée donne envie au garçon de sourire mais il ne fait rien et garde un visage impassible. Il comprend tout à fait que le jeune homme pourrait ne pas apprécier ses paroles, lui-même se serait senti agressé. C'est assez paradoxale puisque Hæresis ne supporte pas l'autorité, et pourtant il a été flic, et se devait de faire régner l'ordre. A l'époque, si il est devenu policier, c'était simplement pour subvenir aux besoins de son frère et des siens. Il avait un bon physique, il était intelligent mais sans avoir eu le loisir de se développer pleinement, les examens d'entrées dans la police n'avaient été qu'une formalité. C'est après que ça s'est gâté, les histoires de sa famille le poursuivaient partout, et il était relégué au sale boulot. Hæresis attends en silence que le blond ne lui parle, mais il ne se montre pas particulièrement pressé, le téléphone toujours en main. « Je m'appelle Nexus. Nexus Traïanós. »  Hæresis hoche la tête distraitement et pianote de nouveau sur son téléphone. « Comment s'appelle le cheval ? » Le garçon relève la tête de son téléphone, et il regarde Nexus d'un air surpris, puis son regard se tourne vers le cheval. L'animal regarde droit devant, le bruit des étriers claquant contre la selle. Le fait qu'il ne lui demande pas comment lui il s'appelle ne le gêne pas particulièrement, pour lui, c'est assez normal que les gens ne s'intéressent pas à lui, puisque lui-même ne s'intéresse pas forcément aux gens. « Il est... Très calme, très sage. » Le garçon sourit distraitement en continuant de regarder le cheval. Il pose sa main libre contre l'encolure du cheval tout en continuant à marcher. « Aucune idée de comment il s'appelle. Il est très jeune, en réalité, alors c'est assez surprenant qu'il se montre aussi calme. » Il hausse les épaules. Le cheval venait à peine d'être dressé, et le garçon avait été le seul à arriver à le monter sans avoir été royalement éjecté. « Ah, je crois qu'il s'appelle Vulcain... Le pauvre. » Il se penche et le cheval concentre son attention sur son cavalier. « Tu t'en fous de comment on t'appelle, du moment qu'on prend soin de toi, hein mon grand ? » Le cheval s'ébroue en ronflant par les naseaux. Hæresis lui flatte l'encolure en souriant, et recommence à regarder droit devant lui. « Tu n'as jamais fait la fête au point de terminer dans un inconnu, potentiellement avec une ou un inconnu à tes côtés ? » Hæresis se tourne vers lui et lui lance un regard particulièrement froid, signe qu'il pousse sa question un peu loin. Mais il sait aussi qu'il l'a cherché avec sa petite histoire de moral. Il lui lance un regard qui dit clairement qu'il ne compte pas répondre à sa question, après tout, qui est-il pour lui demander ce genre de chose ? Sa vie ne le regarde en rien. Et si le garçon a bien fait la fête dans son enfance, ou plutôt son adolescence, ça ne s'est jamais fini de cette façon. Ça finissait tout simplement en bagarre, puisque si il avait le malheur d'aller faire une fête en centre-ville, il tombait toujours sur quelqu'un connaissant sa famille et qui l'injuriait ouvertement. Au bout d'un moment, il avait tout simplement arrêter de sortir, et se contentait d'aller chercher son frère qui s'obstinait. Son oreille droite, partiellement sourde depuis l'accident de son frère, se met à bourdonner, comme à chaque fois qu'il ressasse le passé. Il a envie de la boucher avec sa main, mais la présence du blond l'en empêche, il n'aime pas se dévoiler, et ça lui donne toujours un air un peu bizarre. Après tout, personne n'est au courant du fait qu'il soit sourd de l'oreille droite. Heureusement, comme c'est l'hiver, il porte un blouson à manches longues et au col remonté jusqu'en haut, ça permet de cacher ses cicatrices et sa peau brûlée dans son cou et son bras droit. Un bip résonne, provenant de son téléphone, et le cheval redresse la tête vivement, sans pour autant faire un mouvement de côté. Hæresis attrape l'oreille du cheval et joue avec. « C'est bien, tu t'habitues mon bonhomme. » Avant, à chaque fois que le téléphone sonnait, il avait le droit à un écart de la part du cheval. Puis il regarde son téléphone, faisant défiler l'écran vers le bas sur ce qui semble être un ficher. « Alors. » Il lit en diagonale les informations qui défilent sur son écran. « Nexus Traïanós. 23 ans. 13 impasse olympus. Joli casier, en passant. » Que c'est agréable le pouvoir, parfois. Entrer dans la base de donnée de la police n'est pas particulièrement quelque chose dont les gardes forestiers ont l'habitude, mais ayant été flic avant, Hæresis possède un statut particulier. C'est lui qu'on appelle pour les grands problèmes de la forêt, dirons-nous. « T'as du trajet avant de rentrer chez toi, gamin ! » Le garçon se met à réfléchir, à pied, c'est presque la matinée qui lui faudrait pour rentrer en ville, et les taxis se feraient un plaisir de venir jusqu'ici en demandant le prix cher. Le garçon jette un coup d’œil à Nexus, de nouveau en le regardant de bas en haut. Il lui tend alors son téléphone, puisque apparemment, il ne semble pas en avoir. Sinon, le garçon se dit qu'il aurait appelé quelqu'un au lieu de supporter sa sombre présence. « Tu veux appeler quelqu'un pour qu'on vienne te chercher une fois que je t'aurais amené à l'entrée de la forêt ? » Cette fois, le garçon ne se montre pas froid, ni particulièrement distant, il y a même un peu de gentillesse dans sa voix. « Sinon, ça sera à moi de te ramener. Et t'en as pas réellement envie, non ? » Hæresis enlève sa casquette et passe la main dans ses cheveux, son oreille bourdonne un peu ce qui le fait grimacer pendant une fraction de seconde, et il doit se contenter pour écouter la réponse du jeune homme. Le cheval, ayant décidé de ralentir l'allure, se retrouve non plus à droite du garçon, mais derrière le blond et entreprend de fouiner aux alentours de ses poches, espérant y trouver on ne sait quelle merveille pour lui.
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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Sam 28 Fév - 11:44




Nexus & Hæresis



Lorsque le cheval redressa vivement la tête, Nexus arqua un sourcil surpris. Il n'avait même pas fait d'écart, malgré le son strident du bip qui s'était échappé du téléphone du garde. N'importe quel animal, si dressé soit-il, aurait réagit plus fort que ça. Perplexe et vaguement méfiant, du fond de son état particulièrement limité, Nexus observa l'homme de loi qui pianotait sur son mobile sans se soucier de lui. « Alors ... Nexus Traïanós. 23 ans. 13 impasse olympus. Joli casier, en passant. » L'angelot blond se renfrogna encore un peu et haussa les épaules en fourrant les mains dans les poches de son jean, peu désireux de s'étendre sur le sujet. « T'as du trajet avant de rentrer chez toi, gamin ! » L'artiste darda sur son interlocuteur un regard plus noir que les cheveux d'Eris, agacé par cette manie que l'autre avait de l'appeler "gamin". A vue de nez, le garde ne devait pas être beaucoup plus âgé que lui, peut-être vingt-sept ou vingt-huit ans, guère plus. Rien qui ne lui donnait le droit de traiter ainsi les plus jeunes. Aurait-il eu plus de cinquante ans que Nexus aurait toléré mais ce n'était pas le cas.

Le roi de la forêt lui tendit soudain son téléphone et Nexus regarda l'objet sans comprendre ce qu'on attendait de lui. « Tu veux appeler quelqu'un pour qu'on vienne te chercher une fois que je t'aurais amené à l'entrée de la forêt ? » L'artiste blond fouilla ses poches, machinalement, à la recherche de son propre smartphone. En réalisant qu'il ne l'avait pas sur lui, il jura en français avant de pousser un soupir résigné. Il l'avait probablement perdu, si on ne le lui avait pas dérobé pendant sa nuit à la belle étoile. Encore quelque chose qui ne serait pas perdu pour tout le monde ... C'était la deuxième fois cette semaine, qu'il se retrouvait sans téléphone. La première résultait d'une baignade fortuite dans le port de la ville et la petite merveille de technologie n'avait pas apprécié, rendant l'âme sur le coup. Il s'en était offert un dans la foulée mais il y avait fort à parier qu'il ne le retrouverait pas, celui là.

Le garde enchaîna alors « Sinon, ça sera à moi de te ramener. Et t'en as pas réellement envie, non ? ». Il jura de nouveau avant de répondre d'un ton brusque « Merci, ça ira. Je n'ai personne à appeler mais je vais rentrer à pieds, ce n'est pas si loin. » Mensonge éhonté pour tenter de se débarrasser de la présence énervante de l'homme de loi. Il replaçait un peu sa situation et si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il avait toute la ville à traverser avant d'arriver chez lui. Un autre juron passa ses lèvres et il leva les mains pour se masser les tempes, encore une fois. Il se demandait parfois pourquoi il continuait à abuser de l'alcool, après trop de matin comme celui-ci. D'un ton douloureux mais peu amène, il demanda « Peux-tu juste m'indiquer le chemin jusqu'à l'entrée de la ville ? Je vais me débrouiller pour le reste. » Il n'avait absolument aucune envie d'être accompagné jusque chez lui, surtout pas par un type aussi amical, aussi charmeur et aussi compatissant. Le cheval à la limite, pourquoi pas, il y avait un aspect pratique mais quelque chose soufflait à Nexus que l'animal ne serait pas aussi docile avec lui qu'il ne l'était avec son cavalier attitré.

Il allait ajouter quelque chose mais, tout à sa douleur, il n'avait pas remarqué le changement de comportement de l'animal. Lorsque ce dernier entreprit de lui fouiller un peu les poches du bout des naseaux, Nexus fit un effort surhumain pour ne pas sursauter, prit par surprise. Il esquissa finalement un sourire avant de s'arrêter pour sortir deux morceaux de sucre de sa poche, le genre qui allait avec les cafés, emballés dans du papier à l'effigie de l'établissement. Nexus buvait son café noir et serré mais il embarquait les sucres, toujours. Les friandises devaient traîner dans son blouson depuis un ou deux jours mais il entreprit de les déballer avant de les tendre, paume bien ouverte, à Vulcain. « Gentil garçon, va. Bon appétit. » Amoureux des animaux depuis tout petit, l'angelot blond était incapable de leur résister. Il n'avait peur de rien et était curieux de tout, avec une préférence toutefois pour les chats. Il avait eut, pendant quelques années, un cobra domestique mais les interactions étaient un peu trop limitées à son goût. Il rêvait d'avoir un chien mais il hésitait encore, entre la présence de ses deux félins et la fragilité de certains objets dans son appartement. Sans compter que c'était un engagement qu'il n'était pas prêt à prendre, il le savait. Il n'était pas assez responsable encore, pour ça. Il aimait trop ses nuits mouvementées pour pouvoir se lever le matin afin de promener le chien, il oublierait de le nourrir correctement, le chien serait malheureux. « Hé, je n'en ai plus, je ne me promène pas avec une boîte de sucre entière dans la poche, mon grand ! » Le cheval avait avalé tout rond les deux morceaux de sucre et fouillait de nouveau dans les poches de Nexus. Doucement, ce dernier tendit la main pour lui flatter l'encolure, un sourire aux lèvres.



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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   Jeu 5 Mar - 12:26
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Le garçon remarque le regard du blond, après qu'il l'ait appelé une nouvelle fois gamin. Mais il ne peut s'en empêcher. Il a ce rapport particulier avec les jeunes hommes qui viennent à peine de dépasser la vingtaine. Son frère, si il était encore vivant, aurait sûrement, à quelques années prêts, le même âge que Nexus. Pour son frère, il a endossé tous les rôles, le grand frère aimant, le père bienveillant. Il se demande si parfois ce n'est pas un peu glauque, parce qu'il sait que n'aime pas son frère simplement comme les frères le font, il l'aime de toutes les façons possibles. Il l'aime comme si il est sa vie. Sa relation avec son frère était si présente en lui qu'elle ne le quitte pas, même maintenant qu'il est parti. Ça ne se passe pas comme ça avec tous les jeunes qu'il rencontre, mais il y en a certains qui ravivent chez lui la présence de ce lien. Si il l'appelle gamin, c'est parce qu'il a décidé de reprendre l'un de ses rôles, lorsqu'il était encore vivant et fier de l'être. C'est bien. Le garçon a un mouvement d'arrêt d'une demie seconde. Il secoue la tête de droite à gauche. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entendu la voix dans sa tête. Celle qu'il croit être celle de son frère, mais qu'il est bien loin du compte. Bien sûr, il aurait dû se douter qu'elle se manifesterait à un moment pareil. Elle qui le pousse toujours à redevenir celui qu'il était avant.
Il l'entend jurer en français et sourit réellement cette fois. Lui-même parle trois langues, et il sait à quel point c'est facile parfois de se laisser submerger par l'une d'entre elles. Lui-même jure en allemand, puisque son père était Autrichien de naissance. Le garçon remet sa casquette sur sa tête, et en profite distraitement pour masser discrètement son oreille droite, le bourdonnement se faisant de plus en plus présent. C'est à cet instant qu'il aimerait que la voix dans sa tête s'adresse à lui, elle a toujours eu cette particularité de calmer les bourdonnements. Mais elle semble avoir décidé de rester muette. «  Merci, ça ira. Je n'ai personne à appeler mais je vais rentrer à pieds, ce n'est pas si loin. » Hæresis hausse un sourcil, non pas vexé, mais... Presque. Pendant une fraction de seconde, il se demande si le blond n'est pas idiot. Mais il se radoucit, parce qu'il a dit qu'il n'avait personne à appeler. Et il imagine son frère, toutes les fois où il se retrouvait à des kilomètres de chez lui sans aucun moyen de rentrer et qu'à chaque fois, il l’appelait lui. «  Peux-tu juste m'indiquer le chemin jusqu'à l'entrée de la ville ? Je vais me débrouiller pour le reste. » Le garçon se ferme après la réponse du blond. Il a peur d'éclater de rire, alors il préfère ne rien exprimer du tout. Cette phrase manque de l'achever. Il comprend que sa présence n'est que rarement appréciée, mais le blond ne ferait pas un peu trop preuve de fierté mal placée ? « Bien sûr. » Hæresis  range son téléphone, mais il a bien une idée en tête. Il fait croire que le sujet est clos, mais c'est mal le connaître.
Le garçon remarque enfin que son cheval n'est plus à ses côtés. Il a tellement une confiance aveugle en l'animal qu'il sait parfaitement que, même en marchant en liberté de cette façon, jamais le cheval ne se serait enfui. Il regarde par dessus son épaule et le découvre en train de fouiner autour du blond. Ce dernier s'arrête, mais Hæresis marche quelques pas de plus, se plaçant loin d'eux, il fourre les mains dans ses poches et observe le blond. Le garçon ne peut s'empêcher d'avoir une forme de reconnaissance silencieuse pour les personnes qui sont précautionneuses avec les chevaux. Il se rendait compte que son lien avec l'animal était bien plus puissant qu'il ne pouvait le penser. Où il travaille, les débiles se pensant tout simplement supérieurs à l'animal sont nombreux, et il déteste cette idée de se voir forcément en dominance avec l'animal. Hæresis ne se place pas au dessus de lui, il est à ses côtés, comme l'animal est aux siens. «  Gentil garçon. Bon appétit. » Hæresis sourit calmement, mais il se détourne et regarde la forêt. Il en profite pour coller la paume de sa main sur son oreille, profitant que le blond soit occupé à autre chose. Il essaye de faire taire le bourdonnement, mais il est persistant, aujourd'hui.
Si sa connaissance des lieux est exact, dans une dizaine de mètres, ils vont se trouver à un croisement. Le chemin de droite amène à la sortie de la forêt, le chemin de gauche à la base. Bien sûr, il n'y a aucun panneaux, ils sont trop profondément enfouis dans la forêt. Hæresis entend distraitement le blond parler au cheval, mais il fronce les sourcils. « Allez, en route, il te reste encore du chemin. » dit-il en bougonnant. Le cheval redresse les oreilles, et après un regard gourmand vers le blond, il se met à suivre son cavalier qui a déjà repris la marche. Rapidement, ils arrivent au croisement en question. Sans hésiter, Hæresis prend le chemin de gauche, et il continue de marcher sans un mot, cette fois plus vite qu'avant, sans respecter le rythme du blond.
Il ne faut qu'une dizaine de minutes pour arriver à la base, bien cachée entre les arbres. Discrètement, le chemin laisse place au béton, le chant des oiseaux aux hennissements des chevaux. Un homme est en train de sceller un cheval, et alors que le bruit que font les fers sur le béton résonne, il relève la tête, surpris. En moins d'une seconde, il s'approche du trio. « Saülh, qu'est-ce que tu fais là ? » L'homme, moustachu et apparemment désireux de jouer les patrons, le regarde droit dans les yeux. « Où est ton casque ? » Après un léger coup d’œil en sa direction, Hæresis se contente de hausser les épaules. Zut, il a oublié d'aller récupérer son casque qu'il a planqué dans les branches d'un arbre. L'homme jette un regard au blond. « C'est quoi cette histoire ? » Décidant de l'ignorer, Hæresis se retourne vers le blond et lui désigne d'un signe de tête un parking puis loin. Il n'y a que cinq voitures de garées, alors que le parking est immense.  « Va m'attendre là-bas. » Son ton est sans appel, qu'il ne pense même pas à s'enfuir, le garçon le retrouverait rapidement et lui ferait passer un sale quart d'heure. Il s'éloigne ensuite, le visage impassible, pendant que le moustachu entreprend de le suivre. Arrivé devant le box du cheval, Hæresis lui enlève la selle et son filet en lui promettant de revenir s'occuper de lui après. Le moustachu n'a pas cessé de lui poser des questions en faisant des grands gestes, mais pas une seule fois Hæresis n'a prit le temps de lui répondre, ni même de le regarder. Il finit par se diriger vers le parking, cherchant les clés de sa voiture au fond de sa poche.
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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis   
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« Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » ♣ Nexus & Hæresis

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