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 perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.

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MessageSujet: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Sam 24 Jan - 4:36

divinité


≡ PERCEVAL DE NOIRCLERE ≡
dans un éternel hiver, j'ai trouvé en toi un invincible été.

▲ ► ◄ ▼

Ω nom DE NOIRCLERE ; Les syllabes t'écorchent la bouche comme une maladie intestine, comme un cruel rappel de ce que tu portes. Famille mille fois renommée, tu es d'une puissance vitale, cruelle. Riche à crever, ta réputation t'entoure. Vieille famille française & tradition se couplent, s'épousent pour ne pas frôler la ruine. Les apparences se jouent & se déroulent. Père absent, il t'a laissé aux griffes de ta génitrice assoiffée de superficialité & de popularité, ignorant tes volontés. Ta langue claque, ton coeur se meurt, puisqu'après tout, il faut jouer son rôle. Ω prénoms PERCEVAL ; Ce n'est pas un prénom féminin, tu le sais. Souvent les yeux s'agrandissent quand tu réponds doucement par ce prénom. Femme fragile, tu n'as rien de ce chevalier de la table ronde des légendes arthuriennes. Tu n'as rien de son prestige, ni de son rôle. Mais si au fond, tous se trompait?Ω âge DIX-SEPT ANS ; Jeune. Tu es jeune, c'est le premier mot qui vient à l'esprit & pourtant, ta jeunesse te fissure d'expériences, de ravins, d'orage. Ω date et lieu de naissance PARIS, 21 FÉVRIER ; Ville de lumière, la capitale française t'a volé ton premier cris, tes premiers émois. Tu es française de coeur & cette date te fait sourire, te ramène au bout moment, si vite éclipsé par vos drames funestes. Ω origines et nationalité FRANCO-GRECQUE ; Tu tires tes origines de France, t'y noyant à coeur déployé, mais on ne peut nier la grecque qui sommeille en toi. On ne peut ignorer tes origines maternelles. Ω profession/occupation LYCÉENNE ;  Ils te donnent le bon dieu sans confession. Ils disent de toi que tu es innocence, tendresse, naïveté. Un sourire ourle tes lèvres; Idiots. Ω statut civil CELIBATAIRE ; Ta mère souhaiterait des fiançailles. Dans les familles riches, après tout, les mariages arrangés sont lot courants. Tu n'écoutes pas. Tu ne veux pas.   Ω niveau de vie €€€€€ ; Horriblement riche pour une petite fille dans ton genre. Tu sais que l'argent est le cadet de tes soucis.  Ω groupe  INCOMMENSURABLE ; Tu fus déesse, tu fus reine. Ω célébrité  ELSA HOLMGREN . Ω prédéfini, scénario ou inventé ?  INVENTE . Ω crédits  reagan-and-amy.tumblr (gif) et skeletal.tumblr (image).






NOM DU POUVOIR Ω  CONTRÔLE DES PLANTES ; Fille de Déméter, tu es celle qui insuffle la vie, une fois l'été revenue. Princesse, tu imposes aux plantes & végétaux ta volonté, les faisant naître, grandir, bouger. Cependant, tu ne peux faire bouger quoique ce soit, si il n'y a pas la moindre plante ou la moindre graine. Tu ne tires pas ton pouvoir de rien, tu ne peux pas créer les plantes de toute pièce. Enfant cruelle, tu es soumise à tes émotions, à la colère surtout, vénéneuse, toxique. Tu fais mourir la végétation autour de toi une fois assujettis à la colère.  Les plantes ne cessent de t'attirer, les plantes ne cessent de t’appeler, tu es princesse de la nature. Tu es bel & bien la fille de ta mère. Ainsi va la vie, ainsi va ta vie.

LA MAIN VERTE Ω En enfer, tu cultivais un jardin. La légende raconte que tu faisais pousser des fleurs magnifiques dont le cœur porte une pierre précieuse. Bien évidemment, il n'est pas question, ici, de pierre précieuses ou autres choses, mais il est vrai que dans la ville, tu as un coin secret, un petit jardin. Là-bas, la nature laisse libre court à son envie, là-bas, les fleurs se mêlent, s'entrecroisent, explosent d'une vie divine, de couleur chatoyante & d'une beauté vive. Tu excelles dans l'art de la jardinerie, ne voyant jamais mourir aucunes de tes protégés. Cependant, il est également  vrai que sous les fleurs & la douce, tu cultives des poisons rares, rescapés de ton voyage en enfer. Après tout, tu es dangereuse, toi aussi.

LA FEMME CAMÉLÉON Ω Tu es celle qui se cache. Tu es celle qui se confond, se chasse & se croise. Adaptée & adaptable, tu es de celle qui survie en changeant, celle qui s'adapte aux personnes, aux gens. C'est un pressentiment, une sensation comme il faut sombrer en enfer l'hiver venu, tu remontes pour l'été & le printemps. Tu es médiatrice, manipulatrice, possédant la capacité de voyager entre deux mondes, deux univers, trouvant les mots qui touchent, qui désarment. Tu es capable du meilleur comme du pire. Tu es enfant & souveraine.

Tu es enfant. L'innocence te frôle, t'arme, t'épouse. On te donne le bon dieu sans confessions, trouvant en toi une enfance douce, lente, naïve. Personne ne te croit capable du pire. Personne ne te croit capable de malveillance. Du bleu de tes yeux, on ne discerne pas l'ombre d'un mensonge, d'une intention coupable. Et lentement, précieusement, précisément, tu en joues. Ω Manipulatrice, tu es une princesse joueuse, une reine cruelle qui teste les moindres limites, les moindres faiblesses. Tu mens pour arriver à tes fins. Tu ris de chaque détresse. Tu t'amuses encore & encore comme une enfant. Ω  Intelligente et vive, tu impressionnes dans un sourire, dans une parole. Redoutable, il serait stupide de te juger stupide & naïve comme tant d'autre. Ω Ta franchise passe pour de la maladresse. Tu donnes les coups mais on te pardonne tes excès de cruauté. Tu es franche pour blesser, pour faire mal. Ω Impitoyable, tu ne sais pas où sont les règles, où sont tes limites. Ω  Inconsciente, tu cherches le danger, le frisson. Tu es à la poursuite d'un sentiment d’allégresse, de violence. Tu cours après ta vie.  Ω En vérité, tu ne ressens pas grand chose. L'amour te frôle à peine, la tendresse t'échappe. Il demeure la violence & la colère.  Ω Tu es atteinte d'une malformation du langage, les mots te font mal, appuient sur ta gorge, ricochent sur ta langue, acides, douloureux. Tu te forces, tu t'imposes la parole lorsqu'elle est nécessaire mais tu bégayes. Tout ça n'a rien de naturel pour toi. Ω Tu n'es au fond qu'une enfant trop riche, capricieuse en mal d'action, en mal d'amour. Tu ne sais pas donner. Tu ne sais recevoir que la violence. Ω Tu ne suis que tes pulsions & tes impulsions. Vive & pas si calme, tu te laisses guider par le feu de tes tourments.  Ω Tu n'as pas le moindre désir envers les hommes. Les courbes féminines t'attirent, décrivent ta chute. Tu aimes les cheveux longs, les lèvres douces, les poitrines qui s’alourdissent des seins anoblis, dressés pour toi. Ω  Changeante, tu es taciturne & lunatique, devenant en un instant le jour & la nuit. Ω  Tu es faussement tranquille, faussement calme, laissant un volcan s'éveiller en toi. Tu retrouves pourtant ton calme dans le soin que tu apportes à ton jardin. Ω  Tu aimes poser tes pieds nus dans le court d'un ruisseau ou encore marcher & voir la campagne s'éveiller. Chaque matin, avant que l'aurore se  lève, tu es dehors. Joueuse, tu laisses le jour te couvrir, t’anoblir. Ω Tu manges essentiellement des fruits, des légumes, n'aimant pas la viande, la jugeant impure & ignoble sous ta langue. On peut donc te dire végétarienne. Ω  Féminine à l’excès, tu portes des robes qu'importe le jour, la saison, la météo. Ω  Tu aimes lire & surtout la vieille littérature anglaise, celle des histoires d'amour tragique, de folie & d'autres. Ω Tu es vite ennuyée, vite lasse de n'importe quel sujet. Éveillée ton intérêt est aisé, le garder est une autre paire de manche. Qui relèvera le défi ? Ω Tu es horriblement dangereuse, certains disent même que c'est toi qui a empoisonné ta sœur. Tu hausses les épaules & te détourne quand on te pose la question. Ne jamais révéler ses secrets, n'est-ce pas ?
Perséphone. Tu es fille de Déméter & de Zeus. Enfant douce, enfant sublime, ta vie n'était que jeux dans la nature, caresse du blé sur ton visage. Tu ne fus qu'amour, que douceur dans la tendresse de ta mère. Malheureusement, Hadès vint & te ravit au bras de ta mère, volant ton innocence, bannissant la tendresse. Hadès, Hadès, Hadès. Mari & maître, il te fit souveraine en enfer, reine incontesté des abysses. De votre amour décharné, consumé, naquit trois filles. De l'amour que tu lui portes, il eut la promesse de revenir avec les sept pépin de grenade avalés. C'est ainsi que tu passes six mois en enfer & six mois sur la terre, revenant vers chaque amour, ne délaissant personne. D'une rare beauté, tu fus celle qui changea, en constante croissance, tu ne cesses d'évoluer, tu ne cesses de ne plus être une enfant. Reine des enfers, tu fus cruelle & douce. Reine implacable, tu es celle qui cultive & détruit. Tu es celle qui gouverne les âmes déchus.

L'imprégnation fut évidente, tranquille, sans heurt, ni violence. Tu t'es réveillée dans ton lit, te sentant à peine différente & pourtant, profondément changé. Tu épouses Perséphone, tu l'as dans chaque fibre de ton corps. Lentement, elle ne fut qu'un rêve, une apparition divine au milieu d'un champs. Elle ne t'a rien caché, elle t'a expliqué. Tu as compris. Tu es son duo, sa binôme. Ensemble, la force est décuplée, agrandis. Ensemble, à tout jamais. Sa voix ne cesse de te transporter de t'agiter. Les songes te dévoilent sa vie d'avant. Tu es consciente, éveillée. Tu sais.
Tu sais tout.

▲ ► ◄ ▼



LIONHEART ; sur le monde du rpg, on me nomme lionheart. j'arpente aussi ce monde sous le prénom de lucie. âgée de dix-neuf ans, bientôt vingt ans, je suis née le seize avril & j'aime les persos un peu trompe l'oeil, je joue sur les apparences, les mensonges, pour tirer une autre profondeur de mes persos. j'ai fêté ma septième année de rpgiste en décembre.   je suis très chiante comme nana.    mais j'assume, il parait, en fait je sais pas. j'ai été attirée, ici, par xara ou doudou ( grrrr pas touche à ce surnom, y a un copyright >). mais j'aime aussi énormément de monde sur mdm & j'ai fait la rencontre de superbes personnes qui m'ont menés là où je suis.   je sais qu'ils se reconnaitront, tellement ils sont fab.   mais je ne cesserai de leur souffler mon amour jusqu'à ce que mort s'en suive, jusqu'à ce qu'on soit lasse de moi. par contre, les mous, la taille de la police est super petite & les taupes comme moi, on est en mode *yeeeeux pliés*. oh & bien sûre je vous aimerai tous.    je suis pas méchante, je mords juste un peu.   pour moïra, vu comme tu es chou, la mioche, vas y éclate-toi dans mes posts.





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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Sam 24 Jan - 4:40

≡ IL ÉTAIT UNE FOIS ≡
le mariage de la terre & de l'enfer.

▲ ► ◄ ▼

Ta tête se penche, les mèches blondes s'échappent. Il n'est pas très content.
L'homme se dresse dans son élégant costume, paré dans sa froideur habituelle, guidé dans son inhumanité. Les yeux bleus, il t'observe. Princesse, tes pieds battent le vide, tu n'es qu'une gamine habile, gardée dans des silences longs, se  taisant au milieu de tes sœurs. Du haut de tes cinq ans, les mots refusent de s'échapper, de franchir la barrière de tes lèvres. Tu ne parles pas. Tu n'en as pas le désir, ni l'envie. Les médecins disent de ne pas s'en faire. « Perceval. », sa langue claque & ton attention s'éveille. Tu l'aimes bien le monsieur à la jolie cravate, il aime te serrer dans ses bras, il aime respirer l'odeur de tes cheveux & souvent, il vient t'embrasser le front. Il ne te demande ni mots, ni tendresse. Il attend, simplement. « Je suis désolé. ». Il te perd, tu ne comprends pas  vraiment. Tu n'es pas sure. Ses doigts pressent ses cheveux, il déglutis difficilement. Le masque se fissure. Le masque tombe en ruine. Il est un peu triste. Il s'agenouille face à toi, presse tes mains froides des siennes chaudes. Tes yeux clignent, s'emportent, ne savent pas, ne savent plus. La tendresse s'évade de tes pupilles. Tu as soudainement envie de parler, de crier. Tu as soudainement envie de déchirer le silence. Mais tu ne fais rien, avalée par l'angoisse, brisée par la peur. Tes doigts serrent les siens, plus fort, plus gourmande. Quelque chose est en train de changer.

« Tellement, tellement désolé, ma chérie. », tu voudrais qu'il s'explique, tu voudrais encore un peu de lui. Tu n'es pas sure de comprendre, d'assimiler. Ta gorge se serre, te fait mal. C'est évident, habituel. Les larmes tombent. Le chagrin éclate, inouïe, dévastateur, violent. Le chagrin t'explose au visage, t'écrase le cœur. Tu syncopes, l'adrénaline te dope, tes doigts s'activent, déchirent le voile des larmes. Pleurer, c'est avoir mal. Lentement, tu examines l'homme, tu t'assures qu'aucune blessure ne l'assassine. « Ça ne se voit pas, princesse. », sa voix déraille un peu, flanche. « Tu ne comprends pas, hein ? », tu fais oui de la tête. Les seules blessures que tu connaisses, ce sont les plaies sur les genoux de  Guenièvre ou encore de Morgane. Les seules douleurs que tu expérimentes ce sont les débilités d'enfant qui t'enserrent le cœur. Tu ne pleures pas. Tu ne sais pas.

« Ta maman et moi, c'est compliqué. », tes yeux bleus le suivent, le comprennent. Tu n'es pas aveugle, tu as bien vu. Le manque de tendresse entre eux t'a achevé. Le manque d'amour t'a rendu sourde. Tu déglutis un peu à ton tour. « Maman a fait une bêtise. ». La bêtise c'est le monsieur aux yeux verts qui rentre la nuit par la porte du jardin? Il fait  rire maman & il l'a fait rougir. Papa n'est plus qu'un fantôme depuis cet homme. Papa ne pense plus. Papa ne vit plus. Papa en a assez. « Je ne peux pas pardonner. », il murmure, confus, coupable, désolé. Il ne peut rien pardonner. Il ne peut oublier sa fierté déchirée, son cœur abandonné. Maman l'a détruit. Tes yeux s'agrandissent & il se lève. Il te laisse seul. « Pardonne-moi, princesse. ».
Papa est parti.

Et dans le silence, dans la douleur, un murmure s'égare, « P-Papa. ».
Les larmes te trahissent un peu. Ta gorge brûle.
Papa ne reviendra pas.

~ o ~

« Tu es laide. », ta sœur triomphe dans un sourire. Fière de sa mesquinerie, fière de sa maladresse, elle t'arrache le jouet des mains, brandit le fruit de son forfait. Les cheveux en bataille, les yeux trop claires, tu ressembles un peu trop à ton père & chaque jour l'abandon se fait sentir, chaque jour le creux dans les poitrines s'aggravent. On fait comme si il n'avait jamais existé. On fait comme si tout allait bien. « Vraiment laide. », tu as sept ans, les  mots caressent un peu plus tes lèvres, mais tu n'es qu'une enfant. On te dit douce, un peu lente d'esprit, très tendre. On te dit faible. Idiots. Ils n'imaginent pas les orages qui dorment en toi.

Les feuilles restent dans tes cheveux, simple évidence de ta sortie matinale. Quand la campagne s'endort, tu accours à la vie. Tes pas te mènent sur les sentiers battus, dans la rosée du matin. Tu chasses l'absence de ton père dans la nature, dans sa douceur.  Levée aux aurores, sans angoisse, ni horreur, tu te dresses dans les champs, pressant les pousses tendres du blé ou encore jouant à être enfant. Tu t'émerveilles d'un rien, comprend la nature qui te guide & te presse. « R-Rends le moi. », ta langue s'étire, ton cœur te dévore. Tu n'oses pas vraiment. Élevée dans le calme, tu refuses d'entrer dans le jeu de tes ainesses, tu refuses ses jeux cruels & sans sens. Tout t'échappe. Tout te condamne. « Q-Quoi ? J-J'ai pas bien en-ntendu. Répète la moche. », un sourire s'étire sur les lèvres de Guenièvre & tu en as assez. Assez d'être la maltraitée, assez d'être le vilain petit canard, assez de subir. Ici, il n'est pas question de coups, il n'est pas question de douleur physique, de moquerie en lâcheté, c'est hélas le prix de ta naissance. Tu bégayes, les mots ne sont pas naturelles à tes yeux, ils se bloquent dans ta gorge, te brutalisent les cordes vocales. Chaque effort pour parler est surhumain, est monstrueux. Et tous se moquent, tous n'en ont que faire de toi. Princesse déchue,  tu n'es qu'un pion brisé, cassé, inutile.

Lentement, de toute ta petitesse, de tout ton corps fragile, tu te dresses, impitoyable. « Rends. Le. », chaque mot claquent, se détachent, s'arrachent à toi. Tu ne fais pas semblant. Tu vas la détruire, la détester. Tu en as assez. « Sinon quoi, la mocheté ? ». Tu inspires, brutalement, la colère te brûle le ventre, embrasse le vide intérieur qui te possède. « Perceval, n'avez-vous pas honte de votre état ? », la voix t'arrache un frémissement d'horreur & tu te retournes, doucement, tranquillement. « J'ai du mal à croire que vous êtes ma fille. », le silence s'impose, l'évidence grince. Tu n'es pas sa fille.

~ o ~

« Père,

Ton absence s'étire, les jours ne se succèdent plus. J'arrive à parler par écrit. Je ne suis pas soumise à ma voix qui déraille. Les médecins pensent que la douleur que j'ai dans la gorge ne s'en ira pas. On appelle ça une malformation du langage. Ce n'est rien. Absolument rien. Ma vie n'est pas menacée, c'est déjà trop pour mère. Tu connais la honte & son amertume pour la faiblesse. Elle veut la perfection, elle réclame l'insoumission. Femmes, nous sommes fragiles. Femmes, nous devons accourir vers notre destinés. Mère, c'est hélas notre seule rôle. Je n'en ai pas l'envie. Je veux vivre, exister, soupirer, grisée par un sentiment. Dérangée par n'importe quel sentiment, je veux ressentir. Enfin.

Tu sais que les sentiments ne sont pas mon fort. Tu comprends que je n'arrive pas à exprimer de l'amour, de la tendresse ou de la tristesse. Je ne pleure pas vraiment. Je ne connais le chagrin que de nom. Je suis comme figée, interdite, glacée, retenue dans un vide. Je ne suis rien. Je ne ressens rien. Je suis dérangeante. Les reproches de mère n'ont pas d'importance, pas de peur.

Je crois que tu me manques.
Je ne suis pas vraiment certaine.
Je crois que je ne suis pas humaine. »

~ o ~

« Mademoiselle de Noirclère. », le psychologue t'observe, remonte ses lunettes en douceur. Élégante, tu défais les boutons du manteau avec douceur & lenteur, ne te souciant pas de l'homme à tes côtés. Tu fais couler le tissu de ta peau d'ivoire. Du haut de tes quatorze ans, tu es jolie, tu es l'innocence. Douce, délicate, docile, le bon dieu t'est donné sans confessions. Tu règne sur un monde de tendresse, défait de violence, bannissant la moindre horreur. « Comment allez-vous, aujourd'hui ? », un sourire ourle tes lèvres, c'est encore un caprice de ta mère. Elle te juge anormale, défaillante, vacillante. La normalité ne t'a jamais intéressé. « E-Et vous, monsieur … ? », cinquième séance & son nom t'échappe encore. Inutile, insignifiant, tu ne lui donnes pas la moindre importance. « Monsieur Ieglos. », un sourire d'excuse, il a déjà crispé les mains autour de ses papiers. Petite peste, tu te fais joueuse, indocile, manipulatrice à l’excès. « M-Ma mère vous a déjà précisé que j'étais stupide, n'est-ce pas ? ». Tu joues l'enfant, tu joues les niaises, tu joues les faibles.   Le rôle est défini, soigneusement préparé & tu es actrice parfaite.
Un sourire agrandit ton visage, te rend éblouissante.
Il sait.

~ o ~

« Père,

Guenièvre est morte. Mère est dévastée. Elle pleure toutes les larmes de son corps encore & encore. Le bruit est immonde, les gémissements me font mal à la tête. On dirait une truie qu'on égorge en permanence. C'est agaçant. J'en ai assez de ses cris, assez de ses lamentations. La tristesse est laide, la beauté de mère se fissure sous son chagrin. Je n'aime pas ce sentiment. Il la rend monstrueuse, horrible & douloureuse.

Guenièvre a été enterrée. Simplement. Tranquillement. Lentement. J'ai vu son corps rentrer dans la terre, retourner d'où il est venu. Elle était un peu belle avec sa couronne de cheveux, ses lèvres rosées. Enfin, apaisée, elle rendait les armes, elle déposait sa vie entre les mains des autres. Sa mort est ironique, étouffée par un poison rare. Comme si quelqu'un lui en voulait, comme si la vengeance était achevée.

Au fond, elle le méritait.
Je n'ai pas de regret.
Aucun. »

~ o ~

Tu te stoppes. Tes yeux s'attardent  sur sa silhouette, troublés. Les cheveux bruns caressent son dos, pressent la chute de ses reins. Belle, belle, belle, le mot résonne dans ton cœur, agresse ta raison. Un désir s'éveille. Un désir te ravage. Son aura t'aspire, t'explose en plein vol. Ta poitrine se soulève, le venin toxique t'emprisonne. Elle, encore elle. Erratique, ton souffle se perd, se consume. Tu as la sensation que si tu ne la retiens pas, elle va vaciller dans les ombres, se noyer dans tes silences. Ils l'appellent Xara. Tu la nommerais volontiers reine. Elle n'a que les mystères accrochés à ses pieds. Elle n'a que la douceur accrochée à son cœur. « Xara ... », un souffle, un murmure dans l'obscurité. Qu'elle te revienne, qu'elle te touche, qu'elle t'embrase.

Âmes croisés, le destin t'arrache à ta tranquillité, te grisant d'amour. Le voilà le sentiment voleur, le sentiment rageur que tu attendais. Il t'étreint le cœur, te brutalise. Il s'affirme, s'exprime, t'incrimine.  Esclave de tes songes éveillés, tu ne peux te détourner d'elle, tu ne peux rien oublier. Alors tu t'inclines, tu faiblis, simple humaine, délaissée de la voix de la reine des enfers. Tu accours à ses côtés. Agile, ta robe fouette l'air & tu attrapes son poignet, te réfugiant dans une salle vide. Tes lèvres s'accrochent aux  siennes, lui volent un baiser brutal, exquis, volage. « J-J'en avais très envie. », tes dents s'enfoncent dans ses lèvres, donnant de la violence au baiser, tes doigts courent dans son dos, s'écorchent sur le fil de sa peau. Et puis, tu es repue. Tu en as assez, alors tu la délaisses. Tu l'abandonnes. Le jeu ne fait pourtant que courir.
Inévitablement, tes désirs reviendront, te condamneront.
Inévitablement, tout te ramène à elle.






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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Sam 24 Jan - 9:40
Jolie.
Bienvenue sur le forum et bonne chance pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Sam 24 Jan - 23:41
Percyyy. Elle est toute choue cette Elsa.
Comme toujours, j'adore ta façon d'écrire et j'ai hâte de pouvoir lire la fin de ta fiche! & bien sûr je viendrai te quémander un lien. ♥️
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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Dim 25 Jan - 0:08
merci alisea

oh psoooo
promis tu auras un lien.
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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    Dim 25 Jan - 3:12

≡ tu es validé(e) ≡
c'est maintenant que ça commence

▲ ► ◄ ▼

Bravo toi, tu as réussi à passer la redoutable épreuve de la fiche de présentation. Tu peux donc d'ores et déjà créer ta fiche de liens et aussi celle de tes sujets. Pour toutes tes autres demandes, c'est ici qu'il te faudra cliquer. Pour créer ton scénario tu peux cliquer ou encore regarder du côté de la recherche de liens. Sur ce, bonne aventure Mdmienne

Ω Ω Ω

Tu sais déjà à quel point je l'aime, la Percy. Elle nous promet de jolis jardins et un chouette commerce de poison si tu t'y mets. Et la scène avec Xara






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MessageSujet: Re: perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.    
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perceval ⊰ nous, titubant dans les cendres.

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